Actualité - Concours de Recherche sur l'Histoire Bancaire et Financière 2002

Nous Avons Parcouru l'Histoire Bancaire et Financière!

15 ouvrages ont été soumis au total au concours, organisé par le Centre tous les deux ans, afin d'encourager les recherches scientifiques sur le secteur bancaire et financier turc et destiné à tous les chercheurs, locaux ou étrangers dans quatre différentes catégories, article scientifique, mémoire de maîtrise, thèse de doctorat et livre. Le jury a décerné des prix à 7 ouvrages dans les catégories de livre, de mémoire, d'article scientifique et une mention à un article.

Prix

Prix dans la catégorie de livre
Prix dans la catégorie de mémoire
Prix dans la catégorie d'article scientifique
Mention honorable

Prix dans la catégorie de livre

Ali Akyildiz, Para Pul Oldu: Osmanli’da Kagit Para, Maliye ve Toplum (Papier-Monnaie, Finances et Société dans l’Empire ottoman), Iletisim Yayinevi, Istanbul, 2003.

Professeur d’histoire à l’Université de Marmara, Ali Akyildiz étudie dans son ouvrage les politiques de papier-monnaie auxquelles les finances ottomanes se réfèrent en tant qu’instrument financier dans les périodes de crise et ses conséquences sociales, économiques et politiques.  Le gouvernement ottoman se réfère à l’émission de kaïme (papier-monnaie) à intérêt pour la réalisation des réformes des Tanzimat, le financement des dépenses de la guerre avec la Russie en 1877-78 et de la 1ère Guerre mondiale. Akyildiz étudie en détail les motifs, les méfaits et les reflets de ces mesures financières sur la société. L’usage des documents d’archive, de la littérature et de la presse de la période concernée fait de son ouvrage une étude d’histoire sociale plutôt qu’un travail technique.

Zafer Toprak, Ýttihad - Terakki ve Cihan Harbi, Savas Ekonomisi ve Türkiye’de Devletçilik (Le Comité Union et Progrès et la 1ère Guerre mondiale, Economie de Guerre et Etatisme en Turquie), Homer Kitabevi, Istanbul, 2003.

Spécialisé sur l’histoire économique et sociale de l’Empire ottoman au tournant du siècle et de la Turquie contemporaine et directeur de l’Institut Atatürk fondé au sein de l’Université du Bosphore, Zafer Toprak, étudie dans son livre l’Empire ottoman impliqué dans une économie de guerre.

Après le déclenchement de la 1ère Guerre mondiale, l’Empire ottoman fait face à une économie de guerre pour la première fois. Le régime du Comité Union et Progrès se réfère à des politiques étatistes afin de mettre un peu d’ordre à l’économie mais le prolongement de la guerre rend inefficace toutes les mesures. Les dépenses de guerre étaient financées par l’intermédiaire des impôts ou l’endettement public dans les autres pays. Cependant, l’Empire ottoman étant dépourvu de toute organisation capable de mettre en œuvre ces instruments financiers avec efficacité, l’unique solution semblait être l’émission monétaire. Cette émission, qui n’avait aucune contrepartie dans la production a causé la domination des marchés ottomans par des courants inflationnistes. Les spéculations, qui se produisent à la suite de la hausse soudaine des prix donnent naissance à l’émergence d’une nouvelle classe sociale, qui s’enrichit de ces vagues spéculatives. Ainsi s’allie aux difficultés de la guerre l’instabilité économique.

Tout en étudiant l’Empire ottoman sombrant dans une économie de guerre, Toprak prend en considération les dynamiques socio-économiques allant au-delà de l’évolution politique et diplomatique, qui accompagne la naissance de l’Etat-nation en Turquie. Par conséquent, le livre fait également allusion à la naissance d’un nouveau modèle social par la monétisation de l’économie et l’unification du système monétaire, principal indicateur de la formation de l’Etat-nation dans les sociétés occidentales.

Prix dans la catégorie de mémoire

Yavuz Selim Karakisla, Women and Work in the Ottoman Empire: Society for Employment of Ottoman Muslim Women (1916-1923) (Les Femmes et Leur Vie de Travail dans l’Empire ottoman: l’Association ottomane pour le Travail des Femmes musulmanes, 1916-1923), Binghamton – Thèse de doctorat soumise à l’Université de New York Département d’Histoire, 2003.

Membre de la Faculté d’Histoire à l’Université du Bosphore depuis 1999, Yavuz Selim Karakisla  étudie dans cette thèse de doctorat l’Association ottomane pour le Travail de la Femme musulmane fondée durant la 1ère Guerre mondiale.

La structure centralisatrice de l’Empire ottoman se superpose avec une structure sociale patriarcale. Les femmes comme tout autre individu définissent leur identité dans la société en fonction de leur sexe aussi bien qu’en fonction de leur origine éthnique et leur appartenance à une classe sociale. La femme ottomane, ainsi que ses homologues vivant dans les autres pays du Moyen Orient, est souvent soumise à l’autorité de son père lorsqu’elle est célibataire, à celle de son époux lorsqu’elle est mariée et à celle de son fils durant son veuvage. En d’autres termes, elle doit se résigner à l’autorité masculine. Cependant la 1ère Guerre mondiale redéfinit le statut social de la femme. L’enrôlement des hommes à l’armée durant la guerre oblige les femmes à assurer la subsistance du ménage. En août 1916, le Comité Union et Progrès a fondé une association pour le travail de la femme musulmane en vue de leur procurer un emploi. Cette thèse de doctorat, tout en étudiant la mission, la structure organisationnelle et les activités de cette association, analyse en même temps le nouveau statut social de la femme musulmane au sein de l’Empire ottoman durant la 1ère Guerre mondiale.

Ö. Faruk Bölükbasi, Sultan II. Abdülhamid Döneminde Maliye Komisyonlari ve Faaliyetleri, 1879-1909 (Les Commissions financières et leurs Activités à l’époque hamidienne,1879-1909) – Mémoire de maîtrise soumis à l’Université de Marmara, Département d’Histoire, Istanbul 2003.

Les Commissions, qui jouent un rôle primordial dans les politiques financières de l’époque hamidienne,  symbolisent l’aspect réformiste des finances et sa fidélité au  Sultan. Les Commissions financières, tout en se plaçant au centre des réformes envisagées par le Sultan et la Sublime Porte, ont accentué le contrôle d’Abdulhamid sur les finances ottomanes. Leur fonction réformiste se transforme progressivement en une fonction de contrôle. 

Bölükbasi, qui vient d’élaborer ce mémoire de maîtrise sous la tutelle de Prof. Ali Akyildiz, accentue dans son travail le rôle primordial des commissions financières dans la réalisation de la stabilité dans le domaine des finances et l’usage équilibré des ressources à l’époque hamidienne.

Prix dans la catégorie d'article scientifique

Ioanna Pepelasis Minoglou, “Ethnic Minority Groups in International Banking: Greek Diaspora Bankers of Constantinople and Ottoman State Finances, c. 1840-81”, (Groupes minoritaires éthniques dans les Activités bancaires internationales: Les Banquiers de la Diaspora grecque à Constantinople et les Finances publiques dans l’Empire ottoman), Financial History Review, no. 9, Octobre 2002, p. 125-146.

Maître de conférence à la Faculté d’Economie à l’Université d’Athènes, Ioanna Pepelasis Minoglou étudie dans son article la structure organisationnelle et les techniques financières de la diaspora grecque agissant dans les activités bancaires dans la seconde moitié du 19ème siècle à Constantinople. Minoglou affirme que le capital local se superpose à cette époque avec le capital grec. Elle conclut que les banquiers grecs formés en général de changeurs et accusés de profiter de l’instabilité économique, ont contribué en fait à la rénovation des marchés financiers ottomans par l’intermédiaire des réseaux financiers internationaux dont ils faisaient partie.

Muzaffer Dogan, “Osmanli Ýmparatorlugu’nda Makam Vergisi: Caize” (Impôt sur le Poste occupé dans l’Empire ottoman), Türk Kültürü Ýncelemeleri Dergisi 7, Istanbul 2002, p. 35-74.

Maître assistant au Département d’Histoire à l’Université de Marmara, Muzaffer Dogan étudie dans son article le caize en tant qu’impôt sur le poste. A partir du 16ème siècle, le caize était une taxe imposée aux personnes nommées à des postes à occuper dans l’administration centrale et provinciale de l’Empire ottoman. La collecte du caize, considéré au début comme un pot-de-vin, devient progressivement une taxe légale de l’Etat. Muzaffer Dogan accentue dans son article que le fait que le caize consiste dans un montant moyen, que sa collecte est réalisée par les fonctionnaires publics et que les registres qui s’y rapportent sont conservés par l’Etat montre qu’elle est envisagée comme une taxe au-delà d’un pot-de-vin. D’autre part, la transition de caize au système salarial en 1830 prouve que c’est une taxe indirecte collectée de façon régulière. 

Mention honorable

Aliye F. Mataraci, “Trade Letters as Instances of Economy, Ideology and Subjectivity” (Lettres commerciales comme Indicateurs de l’économie, de l’Idéologie et de la Subjectivité).

Doctorante au Département d’Histoire de l’Université du Bosphore, Aliye F. Mataraci analyse la structure sociale et économique et les formations identitaires au sein de l’Empire ottoman au tournant du siècle à travers la correspondance commerciale de Mataracizade Haci Ahmed Efendi et de ses trois fils. 

La vie commerciale de Mataracizade Hacý Ahmed Efendi et de ses fils commence dans la conjoncture politique des Jeunes Turcs. Lors de ce commerce, qui dépasse les frontières de l’Empire ottoman, les Mataracizade reçoivent indirectement le soutien du gouvernement jeune turc en tant qu’entrepreneurs musulmans encouragés par le régime. 

Mataraci souligne que ces lettres, au-delà d’une documentation sur les conditions sociales et idéologiques de l’époque, portent également des traits subjectifs dans la mesure où ils témoignent de nouveaux modes de vie et de la formation de nouvelles identités.

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