Activités - Les Réunions de la Rue Voyvoda 2008-2009

A. Les Conférences d'Economie Politique

Le 1er mercredi de chaque mois, entre 18h30 et 20h30, conférences sur la culture et l’économie politique des médias.

5 novembre 2008 - Prof. Orhan Tekelioğlu
Le métissage de la culture dans les reality-show

Le fait que les reality-show ayant un format global se répandent sur les télévisions turques et trouvent un public est perçu comme une victoire des médias globalisant et peut être également lu comme le signe d'un processus de « résistance » culturelle ou bien d'une rapide « localisation ». Lorsqu'on regarde d'un point de vue théorique, on peut parler d'un spectateur qui peu à peu « métisse » ses goûts et préférences culturelles. On peut suivre l'évolution du « métissage » à la fois dans les sources des programmes importés et adaptés, et durant le processus de mutation des programmes. Pendant cette conférence, on tentera d'étudier les changements des préférences culturelles en donnant des exemples pris des reality-show des différentes télévisions.

3 décembre 2008 - Asli Tunç, maître de conférences,
Quelle est la place des médias dans la démocratie?

La formation de la démocratie est tout simplement liée à la façon dont les médias sont utilisés du national au mondial quel que soit leur taille. La formation dans le secteur des médias, la réglementation législative qui dessine les limites de la liberté d'expression, les répercutions sur la politique de l'interaction entre les institutions politiques et les technologies des médias, se trouvent à la croisée des travaux sur les médias, la sociologie et la politique. Dans l'exposé intitulé "Quelle est la place des médias dans la démocratie?" qui s'appuie sur ce point, on traitera l'influence et le rôle des médias dans l'évolution de la démocratisation et le sujet sera discuté plus particulièrement en référence à la Turquie et en comparaison avec d'autres exemples.

7 janvier 2009 - Prof. Sevda Alankuş Kural
Les représentations et politiques de représentations de la femme et du corps dans les médias

Les  représentations et politiques de représentation de la femme et des autres minorités démographiques ou sociales et catégories subalternes dans les médias constituent un espace problématique. Dans les médias, toutes les catégories subalternes sont représentées avec les caractéristiques attribuées aux femmes: les catégories subalternes  dans  les médias n’ont pas les représentations que les femmes n’ont pas ou ont celles que les femmes ont. Dans cette perspective, cette conférence vise à mettre en lumière dans les médias les plus populaires, espaces de reproduction du patriarcat, les rapports de forces fondés sur les représentations et politiques de représentation des femmes et de leur manifestation la plus tangible, leur corps. En s’appuyant sur des textes de différents médias, on démontrera le caractère masculin de la langue des médias, la représentation déficiente de la femme et les rapports patriarcaux fondés sur le corps de la femme. On soulignera la nécessité d’une autre langue et d’une autre politique de représentation pour les femmes et toutes les autres catégories subalternes.

4 février 2009 - Halil Nalçaoğlu, maître de conférences
La fin de l’archivistique: Internet comme mémoire collective et archive

L’archive, dans son sens moderne courant, peut être définie comme la manière d’oublier consciemment pour se rappeler ensuite. Suivant cette définition, les archivistes modernes créent une topographie complexe pour pouvoir retrouver des documents documentant le passé. Cependant, cette définition et l’opération qui en résulte se fondent sur une dialectique dont les deux pôles, interagissant dans une relation spécifique, sont la vie et le document: la première est plus longue que le second et les deux sont séparés par un intervalle de temps. A l’époque où nous vivons, grâce à internet, nous observons un changement radical dans cette dialectique. Internet, considéré comme une archive définitive, bouleverse la dialectique évoquée en transformant les relations entre les deux termes. Quand nous mentionnons l’époque où nous vivons, nous voulons surtout parler de la manière dont, de plus en plus, l’espace de la vie est englobé dans le fonctionnement et le stockage de l’information électronique sur internet. Parallèllement, dans de nombreuses situations de notre vie, au lieu de documenter a posteriori, nous documentons ce que nous expérimentons et nous faisons du travail de documentation une expérience. Dans ce travail, j’ai pour objectif d’analyser le statut de  l’archivistique en me concentrant sur quatre pistes principales:

  1. Dans un processus que nous pouvons qualifier de nivelage de l’information, la formation d’archives se renforce avec les besoins des communautés d’utilisateurs
  2. La pratique de la documentation jointe à l’expérience supprime les fondements de l’archivistique  moderne.
  3. Plus qu’il ne conserve, internet multiplie. Cette seconde fonction d’internet diminue l’importance de la première.
  4. En conséquence, nous pouvons affirmer que, sous la pression de la culture informationnelle, nous sommes entrés dans une phase de fermeture de l’archivistique moderne et que nous avons besoin d’un nouveau cadre théorique et éthique pour la notion d’archive.

          
4 mars 2009 - Prof. Haluk Şahin
Les transformations des technologies de communication et la citoyenneté

Les nouvelles technologies de communication ont beaucoup facilité la collecte et la transmission de données. La manière dont les changements radicaux dans les formes de communication du dernier quart du XXe siècle a influencé les institutions et les individus est devenue une question de première importance. Ce genre de questions concerne aussi bien les chercheurs professionnels, les universitaires et les membres des médias que les citoyens de base. Dans la plupart des sociétés, le citoyen se sent étourdi par l’ère de l’information globale. Dans cette conférence, on tentera de répondre aux questions suivantes: quelles sont les nouvelles situations créées par l’information globale du point de vue de la démocratie? Quels sont les problèmes suscités par la facilitation de la transmission des messages à l’échelle mondiale? On débattera également des problèmes potentiels qui attendent la Turquie dans le monde de la communication de demain et des nouveaux horizons qui s’ouvrent pour la population turque.

1er avril 2009 - Deniz Ünsal, chargé de cours
Le musée entre éducation et divertissement

A une époque où les techonologies de la communications nous envahissent, où l’actualité et les images passent à grande vitesse, où nous avons parfois du mal à saisir la vitesse du changement, le musée, avec son contenu, son histoire et ses fonctions est perçu comme une institution qui doit vivre avec son temps. Depuis un certain temps, on débat dans le monde et en Turquie pour savoir si donner une apparence moderne aux musées peut être réalisé par la qualité des services que ces institutions offrent au public. Les services de qualité sont souvent compris comme des activités permettant de passer du bon temps, des lieux et des modes de présentation qui renforcent les interaction avec les visituers. Parallèlement, on considère que le commerce permettra de dynamiser les musées tout en leur assurant des rentrées financières. Au sein des institutions culturelles que sont les musées, les boutiques vendant des objets de qualité, les cafés, les ateliers pédagogiques, les lieux de projection et autres services semblables offerts aux visiteurs sont vus comme une nécessité de la muséologie actuelle. Confronté à la concurrence des médias et des centres commerciaux, les musées doivent maintenir un équilibre entre éducation et divertissement pour pouvoir assurer leur pérennité.

Considérer le rapprochement opéré par les musées vers le divertissement et le commerce comme le résultat d’évolutions sociales, politiques et économiques qui influencent tout le monde à la fin du XXe siècle est juste mais insuffisant. Cette parenté qui existe depuis l’apparition du musée moderne comme tentative pour démontrer sa légitimité nous servira de guide pour débattre de la muséologie contemporaine (nouvelle muséologie). Dans notre présentation, à partir d’exemples tirés de l’histoire et du présent turc et international, nous discuterons des fonctions que doit assumer le musée, entre éducation et divertissement, pour conserver son aventure et son existence

6 Mai 2009 - Marcus Graf
L’image est tout – Tout est image

Sur les fonctions constructives et destructrices des médias et de l’art dans la culture visuelle actuelle.
Le monde d’aujourd’hui est plat comme un écran de télévision. Sur cet écran, nous voyons les reflets troubles de différentes réalités. Les innombrables formes d’informations ont décomposé des images qui étaient déjà inaptes à traduire la situation présente de notre existence. Parce que nous vivons un processus de changement d’une société textuelle à une société visuelle, nous sommes obligés de dépasser l’hégémonie des images formées pour les profits commerciaux du capital. La communication visuelle et la création médiatiques créent des reproductions illusoires de mondes parfaits, où une esthétique de l'excès nourrit les habitants du pays d'abondance.

Et pourtant, les artistes contemporains continuent d’observer, d’analyser et de critiquer la culture visuelle formée de nos réalités hétérogènes et diverses. Les experts de la culture et de l’art continuent de s’opposer au statu quo et jouent un role influent dans le façonnement de l’environnement où nous vivons. En auront-ils l’opportunité? Cela mérite discussion.

           
3 juin 2009 - Prof. Hasan Bülent Kahraman
1999-2009: La politique de la culture, la culture de la politique en Turquie

Depuis les années 1990, une nouvelle configuration politique a émergé en Turquie. Elle s’est concrétisée avec les élections de 2002. Cependant, il ne s’agit pas seulement d’une évolution de nature politique. Si l’on observe les configurations culturelles à la même époque, il est possible de trouver quelques phénomènes nouveaux. Le fondement de cette évolution est la nouvelle composition sociale qui nourrit la culture populaire et les dynamiques de cette nouvelle époque politique. L’apparition de nouveaux migrants, les politiques du pluralisme, de l’identité, de la reconnaissance et de la différence dont les racines remontent au milieu des années 1980, ainsi que leur écho dans la société sous la forme de revendications politico-culturelles de la part de larges parts de la société sont les éléments déterminants de cette période. Aini, la République turque, comme Etat et société, a pour la premièrefois depuis les années de sa fondation été soumise à une influence aussi importante de la politique identitaire et a commencé à en éprouver les conséquences. Notre intervention sera consacrée à l’analyse et au déchiffrage de ces dynamiques.

B. Les Réunions de la Rue Voyvoda sur Istanbul

Le 2ème mercredi de chaque mois entre 18h30 et 20h30 a pour thème la transformation urbaine d'Istanbul.

8 Octobre 2008 - Asu Aksoy, chargée de cours
Projet de Rénovation de Tarlabasi : la nouvelle politique de la ville dans l'Istanbul globale
Le Projet de Rénovation de Tarlabasi qui rentre en application suite à l'adjudication en 2007 par la Municipalité de Beyoglu donne une très bonne idée des priorités et des buts de la nouvelle politique de la ville quant à la transformation urbaine à laquelle nous assistons. Dans cet exposé, ce nouveau courant relatif au projet de Tarlabasi sera étudié à partir des conséquences sociales évaluées comme la manifestation d'une initiative d'administration locale qui renforce la politique de la ville que l'on peut résumer par"régénération urbaine".

12 novembre 2008 - Semra Somersan, maître de conférences
Résistance et Destruction à Sulukule

Hormis sa présence près des murs historiques byzantins d'Istanbul, Sulukule,  quartier historique d'un millier d'années, est également un quartier qui s'étend entre les portes de Topkapı et d'Edirne et où vivent la plupart des gitans. La particularité traditionnelle qui distingue les gitans d'ici de ceux qui vivent ailleurs dans Istanbul, est qu'une grande partie d'entre eux commençant dès 3-4 ans sont éduqués par leurs pères et d'autres maîtres et deviennent des maîtres de musique selon leur propre type d'instrument ; ils gagnent leur vie en jouant des instruments et égayent le secteur des divertissements à Istanbul. Les hommes utilisent des instruments fort divers allant de la batterie au luth (saz), du tambour (davul) et du violon à la flûte. Quant aux femmes, jusqu'à une période récente, elles gagnaient leur vie en accompagnant, par leur danse et leur chant, la musique jouée par les hommes. 

Cependant les gitans d'ici ont toujours eu une vie cachée. Peu importe que la renommée de Sulukule et de leur musique soit diffusée un peu partout, l'Etat, la police, les politiciens et les municipalités n'ont pas laissé tranquille le quartier et ses habitants. L'espace de vie des gens de Sulukule qui vivent ici depuis au moins 500 ans, s'est rétréci depuis les années 1950. Une partie a été utilisée dans la construction des avenues Vatan-Millet. Sulukule s'est retiré de Topkapı jusqu'au sud à Edirnekapı. Dans les années 1970-1980, les danses, les musiques, les fêtes dites « oturak âlemleri » où l'on danse et chante, organisées pour les Stambouliotes dans les petites maisons du quartier ont été interdites. Depuis 2005, dans le"but d'harmonisation avec l'Union Européenne", grâce au projet de"rénovation des quartiers détériorés" de la ville et à la planification de la Municipalité du Grand Istanbul (Anakent Belediyesi), on essaie, après l'avoir détruit, de transformer le quartier en un centre touristique.

Au cours de la discussion on analysera cette dernière transformation de Sulukule du point de vue de la résistance des habitants du quartier face à la gentrification.

14 janvier 2009 - Burçin Altınsay
L’expérience de protection et rénovation urbaines dans les quartiers de Fener et Balat: le programme de réhabilitation des quartiers de Fener et Balat

Dans ces quartiers de la péninsule historique d’Istanbul, 121 bâtiments du tissu architectural civil composé de monuments de la fin du XIXe siècle ont été restaurés. Le programme de réhabilitation des quartiers de Fener et Balat constitue le premier cas de cette ampleur d’application de la rénovation urbaine. La conférence abordera le projet, les adjudications, les applications, les problèmes liés aux participations institutionnelles et civiles et leurs solutions.

11 février 2009 - Ayfer Bartu Candan, chargée de cours – Biray Kolluoğlu, chargée de cours
Le déplacement de la pauvreté dans le processus de rénovation urbaine

Une part importante des projets dits de “rénovation urbaine” lancés à Istanbul durant ces dernières années sont réalisés au titre de “projets pour la rénovation des bidonvilles” et ont pour cible les pauvres de la ville. Le principal objectif de ces projets de rénovation urbaine, -tel qu’il est défini par leurs acteurs principaux, soit la mairie du Grand Istanbul, les municipalités locales et l’office des logements collectifs (TOKİ)-, est de supprimer le problème de logement des populations pauvres de la ville et de leur offrir de meilleures conditions de vie. Dans cette conférence, nous nous fonderons sur le travail de terrain que nous poursuivons dans les logements collectifs de Bezirganbahçe, construits sur le territoire de la municipalité de Küçükçekmece avec ces objectifs, pour débattre des nouveaux espaces et caractéristiques de la pauvreté urbaine. Le point principal sur lequel nous voulons insister est que, sous le prétexte de résoudre le problème de logements des pauvres de la ville, les projets de rénovation urbaine et de logements collectifs créent au contraire des nouvelles formes de pauvretés, conduisent la ville vers une nouvelle gentrification globale et entraînent ainsi un processus de déplacement de la pauvreté.

11 mars 2009 - Dilek Erden, chargée de cours
La rénovation de la Corne d’Or et la continuité historique

La Corne d’Or a constitué un centre d’intérêt pour les administrations et les entrepreneurs privés à toutes les étapes de la transformation spatiale, sociale et économique d’Istanbul. Sa position géographique, son port protégé, les vestiges de nombreuses époques historiques, sa diversité ethnique et culturelle et, sans doute le plus important, sa situation centrale dans la ville d’Istanbul et sa place charnière entre Galata et la péninsule historique augmentent l’importance stratégique de la Corne d’Or. Sous l’influence des dynamiques globales, les administrations urbaines sont engagées dans un processus de création ou de recherche de nouveaux espaces pour se faire une place parmi les villes mondiales et donner une nouvelle image à la ville. La Corne d’Or, du fait de son identité historique et de son potentiel de développement est devenue une cible pour de nombreux projets. La manière dont tous ces projets s’influencent mutuellement et influence la continuité historique de la Corne d’Or est un important sujet de débat.

8 avril 2009 - Özcan Biçer
Le projet de rénovation de Kumkapı

M. Biçer donnera des informations sur les fouilles réalisées dans la zone de Yenikapı, dans le cadre du projet Marmaray, et sur leurs découvertes chaque jour plus importantes et intéressantes. Il expliquera le projet Marmaray mencé par DLH et ses conséquences sur la zone, ainsi que son appréciation de l’avenir des fouilles archéologiques et des découvertes culturelles faites lors de la construction de la ligne de métro et du centre de transferts que désire réaliser la municipalité. Il exposera sa conception du projet de rénovation et le processus de participation de la société civile au projet, avec des exemples des travaux réalisés et des problèmes vécus. En comparant le modèle du projet de Yenikapı avec les projets réalisés jusqu’à présent, il montrera sa différence et dicutera de la nécessité d’un modèle de coopération pour assurer la participation permanente des personnes et institutions intéressées par le projet.

13 mai 2009 - Ebru Firidin Özgür, chargée de cours
Les nouvelles tendances dans l’espace du logement à Istanbul

Les importants changements dans le champ économique et sociale que la Turquie a vécus durant les 25 dernières années ont influencé l’espace du logement à Istanbul. Cette transformation non planifiée semble avoir été abandonnée aux initiatives du marché. Par rapport à il y a 25 ans, il apparait qu’Istanbul a connu des changements divers dans ses différents types de logements, qui pourraient faire l’objet de différentes typologies. Les nouveaux espaces de logements ont été façonnés selon différentes tendances. Les espaces de logements historiques, les espaces centraux, les nouveaux espaces et ceux issus de la transformation des bidonvilles connaissent un processus de tranformation favorisé par différentes influences. Quand ce processus est étudié comme un tout, on est amené a soulever les questions liées à la société, à l’environnement et aux transports du point de vue des dynamiques de développement d’Istanbul.

10 juin 2009 - Murat Cemal Yalçıntan, maître de conférences
La régénération urbaine et l’opposition urbaine, penser les droits de la ville

Le terme de régénération urbain renvoie à un processus de changement dans les facteurs qui font de la ville une ville. Ce processus peut être planifié, prévu, mais le plus souvent il se développe de lui-même. Dans un sens large, la régénération urbaine, c’est tout ce qui concerne le changement urbain, une constante dans l’histoire de l’humanité.

Cependant, il est admis que durant les dernières années, les processus de régénération urbaines vécus notamment dans les villes métropolitaines sont des expressions spatiales des reconfigurations économiques vécues à grande échelle, autrement dit des formes de reproduction du capital. Le régime d’accumulation du capital a changé et les sols urbains sont devenus des éléments importants de ce régime. La régénération urbaine est quant à elle un des moyens importants de ce processus.

D’autre part, quand on considère la régénération urbaine et sa relation aux hommes à partir du concept de “droit de la ville”, fondé sur le slogan “une ville pour l’homme”, on est face à un sérieux problème de sujet. Le fait que les réalisations de la régénération urbaine prennent pour cible les futurs utilisateurs/habitants plutôt que les sujets utilisateurs actuels, condition pour servir le nouveau régime de capital, rend inacceptable la nouvelle version de la régénération urbaine. Un espace ne peut pas être conçu pour l’espace ou l’économie, il faut repenser l’espace pour l’homme et le concept de “droit de la ville” peut être le point d’ancrage de ce nouvel idéal.

Contre cet état inacceptable de la régénération urbaine s’est formée une opposition de plus en plus forte. Il est temps que cette opposition émiettée qui s’oppose au processus de régénération urbaine pour différentes raisons repense elle aussi son discours à partir du concept de droit de la ville.

C. Les Conferences Sur La Villa Et La Litterature

Le 3ème mercredi de chaque mois entre 18h30 et 20h30, discussions sur les villes qui font naître les écrivains.

22 octobre 2008 - Selim İleri
Istanbul entre les souvenirs
"
... Je veux écrire Istanbul. L'Istanbul que j'écris sans en être conscient dans les histoires de Dostluklarin Son Günü. L'Istanbul perdue, qui change de caractère, la ville qui détruit son sens, la ville de mon enfance. En fait les détails, tout ce qui fait la culture de la ville. Ce n'est pas un travail facile. Je veux écrire modestement, avec la sensibilité de l'enfance, avec la générosité du point de vue de l'enfance. Ici et là les lectures s'y mêlent, cette fois-ci c'est l'influence de mes lectures ! Les écrivains qui racontent Istanbul, quelques lignes d'une histoire, d'un roman parfois...tout cela évoque des choses innombrables...Cela me paraît comme une folle entreprise : tant que ma main tient la plume, je devrai écrire sur Istanbul"

* extrait d'une lettre de Selim Ileri, Yildizlar Altinda Istanbul, Dogan Kitap 2003.

19 Novembre 2008 - Hulki Aktunç
Trouve-moi Istanbul
Üzerlik a dit : Maintenant pars Hulki. Nous ne ressentons même pas vraiment de chagrin. Dans cette rue, il ne reste plus une famille. Par ici, il n'y a plus de voix d'enfant désormais. La foule dense, les vendeurs ambulants, se sont déversés les uns sur les autres, les boutiques ont empiété sur les rues, hormis les petits commerçants et petits acheteurs, il ne reste plus personne.
J'ai baissé la tête, je suis parti. Maintenant"Votre nom me revient à l'esprit"

* Hulki Aktunç, "Üzerlik Sokağı ya da 'Sevdiğim Sokak Adları Gibi'," essai.
İstanbul Sokakları, 101 Yazardan 101 Sokak, YKY 2008, page 157.

17 décembre 2008 - Füruzan
Moi je suis natif d'Istanbul
Si vous êtes natif d'Istanbul, si vous avez répondu à la proposition qui consiste à expliquer une rue de cette ville, selon moi votre tâche sera très dure. Bien sûr, il y a un point sur lequel se concentreront ceux qui vivent cette ville.  Et le mien…Oui et le mien…

* Füruzan, "Tomurcuk Sokak", essai. İstanbul Sokakları, 101 Yazardan 101 Sokak, YKY 2008, page 128.

21 janvier 2009 - Tahsin Yücel
Les villes en nous

Sans nul doute, comme certains écrivains l’avaient souvent souligné, cet amour aurait pu d’ores et déjà priver Istanbul d’être Istanbul. Cependant, il était d’avis que cette ville avait été effacée bien avant les entreprises de Niyorklu Temel; bien plus, après ses entreprises, elle se tranformerait en une ville à la personnalité plus forte, même si imitée de la sienne, et d’ailleurs s’agirait-il réellement d’une imitation? Après avoir répété une fois de plus “Allons, élevons vite les autres”, il ne put s’empêcher de sourire.*

*Tahsin Yücel, Gökdelen, Can Yayınları 2006, p. 33-34.

18 février 2009 - Mario Levi
Vivre à Istanbul en écrivain

Mon Istanbul était un conte… Ce conte était mon histoire… Ce conte était “leur” histoire… Ce conte était notre histoire… Ce conte était votre histoire… Ce conte était l’histoire de ceux qui se sentent étrangers dans leur propre ville. Ce conte était l’histoire de ma volonté de considérer les eaux du Bosphore comme un utérus maternel, malgré toutes les vies vécues là… Ce conte était l’histoire de la peur d’être, par une mauvaise brasse ou un faux coup de rame, avalé par un courant ou emporté dans une autre mer.*

* Mario Levi, İstanbul Bir Masaldı, Doğan Kitap, 2006, p. 20.

18 mars 2009 - Murathan Mungan
Images d’Istanbul

Nous sommes tous une île. Tous, nous parlons, donnons de la voix, racontons, écrivons dans notre île pour ne pas être oubliés quand nous mourrons, pour pouvoir être autres et toucher les autres quand nous vivons. Parfois nous vivons et nous partons avec les rares moments où nous avons touché les rivages des autres, parfois nous touchons la terre d’autres après des vies où nous avions disparu.*

*Murathan Mungan, Yedi Kapılı Kırk Oda , Metis Yayınları 2007, p. 116.

15 avril 2009 - Şebnem İşigüzel
A Istanbul, avec mes héros

Si les lecteurs veulent ou attendent un conseil, j’aimerai leur dire ceci: quand tu perds ta mémoire, tu perds ton immortalité. Ensuite, si tu te retrouves en hôpital psychiatrique avec ton oreiller et ton canard, ils ne te donneront pas Shakespeare ou Ayhan Işık pour partager ta chambre, tu resteras chez les arriérés avec les joueurs de pipo.
Moi je pense que cela suffit à expliquer que le bonheur et l’amour sont aussi simples que comprendre s’il va pleuvoir ou non… Dans ce monde, quelques jours m’ont été plus précieux que tout. Maintenant, sur cette balançoire qu’est la mémoire, je me balance sur ces jours, avec le même amour et le même bonheur.*
 
* D’après  “Marilyn'i Güldürmek” [Faire rire Marilyn], récit de Şebnem İşigüzel

20 mai 2009 - Prof. Dr. Murat Belge
Ville et litérature: matité et transparence

Dans la vie rurale, chacun sait ce que fait son voison. D’ailleurs, chacun se ressemble. L’espace aussi est commun. En ville, l’espace se privatise et protège les vies privées des influences extérieures. L’une des fonctions de la littérature est d’ouvrir les fenêtres des murs qui enferment les vies privées.

D. Les Conférences d'archéologia

Le 4ème mercredi de chaque mois, entre 18h30 et 20h30, discussions sur les fouilles archéologiques en Turquie.

 26 novembre 2008 - Prof. Mehmet Özdoğan
Les fouilles de Höyügü Kırklareli
Les travaux de fouilles commencés en 1993 à Kırklareli ont été réalisés dans le but de montrer l'aspect et le caractère des influences entre les cultures de l'Anatolie et des Balkans pendant les périodes préhistoriques. Dans ce contexte, les fouilles de Aşağı Pınar montrent que, dans les années 6400 avant notre ère, on assiste à un processus d'adaptation dans lequel les populations installées dans cette région ont apporté l'agriculture, l'élevage et la première installation d'une vie de village, de l'Anatolie jusqu'au sud-ouest de l'Europe et ceci pendant une période allant jusqu'à 4300 avant notre ère. Aşağı Pınar, grâce aux riches découvertures et à ses populations, est connu comme un site de fouille qui nous fait bien mieux connaître cette période dans les Balkans. Le deuxième site archéologique est l'installation d'une colonie en Anatolie appartenant au 3ème millénaire avant notre ère. Cet établissement, contemporain de celui de Troie, est la seule découverte archéologique qui prouve que le réseau du commerce anatolien s'étendait jusqu'en Thrace.

24 décembre 2008 - Prof. Havva Işık
"Patara-Caput Gentis Lyciae"
Les fouilles de"Patara, capitale du peuple de Lycie" 1988-2008

Le professeur Fahri Işık a commencé en 1988 les travaux de fouilles dans l'antique Patara surnommée par le célèbre historien Livius"capitale du peuple de Lycie". En raison de l'ensablement et du niveau de l'eau qui agissent sur les édifices de la ville, les fouilles réalisées dans des conditions très difficiles ont permis du point de vue scientifique de réécrire l'histoire et la culture de la Lycie. Jusqu'aux travaux de Patara, la Lycie a été connue comme une géographie de culture au caractère rural restée toujours sous l'influence et l'ombre des Grecs et des Perses, et toujours étudiée de ce point de vue également dans publications, alors qu'avec les fouilles de Patara elle devient une partie inséparable des anciennes civilisations locales d'Anatolie et a son originalité, et pénètre dans le monde scientifique comme une réalité désormais indiscutable. La découverte de bâtiments officiels et civils dans ce que l'on nomme la capitale de la Confédération Lycienne a confirmé l'importance de la ville dans l'Histoire et on a eu accès à des informations et documents déterminants non seulement la concernant mais en même temps pour toute la Lycie et la Méditerranée orientale. 

Les fouilles de Patara sont devenues en même temps depuis le commencement, un centre de lutte pour la conservation. Les valeurs culturelles et naturelles de Patara ont toujours été perçues comme un tout, et toutes sortes de précautions nécessaires ont été prises afin que celles-ci ne soient pas sacrifiées au profit d'une conception du tourisme sans contrôle. 

Alors que l'on est sur le point de commencer à Patara la restauration d'édifices uniques en leur genre tels que l'Assemblée, le phare et les monuments qui indiquent les chemins, la culture et le patrimoine naturel doivent être transmis intacts et assurés d'un avenir.

En outre, par l'innovation des critères scientifiques et dans le cadre d'un plan de gestion novateur, le but est de créer et d'appliquer une politique réfléchie du tourisme culturel. 

28 janvier 2009 - Prof. Oktay Belli
La civilisation la plus originale d’Anatolie: les Urartus

Le royaume d’Urartu, qui avait fait de l’actuelle forteresse de Van sa capitale (Tuşpa), a exercé sa domination entre les IXe et VIe siècles avant J-C dans les régions d’Anatolie Orientale, du Caucase du Sud et du Nord Ouest de l’Iran.
Pendant 250 ans, le royaume d’Urartu a fait vivre son âge d’or à la région de l’Anatolie orientale. Les premières routes et tunnels réguliers, ainsi que les ports qui bordent le lac de Van furent réalisés par ce royaume. Les Urartu, premiers orfèvres de l’Anatolie orientale, exploitèrent les mines d’argent, de plomb, de cuivre et de fer de la région.
Grâce aux barrages, lacs artificiels et canaux d’irrigation réalisés par les Urartu, la région de l’Anatolie orientale a pour la première fois connu une agriculture moderne fondée sur l’irrigation. Les 121 barrages, lacs artificiels et canaux d’irrigation que nous avons découverts depuis 1987 nous ont conduit à attribuer, à juste titre, à ce royaume le nom de “civilisation hydraulique”. 12% des installations hydrauliques, légèrement restaurées, continuent de fonctionner depuis 2800 ans.

25 février 2009 - Aslı Özyar, maître de conférences
Un  site antique à l’Ouest de Çukurova: la colline de Gözlükule à Tarsus
   
La colline de Tarsus-Gözlükule est l’un des premiers sites dont les fouiles menées avec des méthodes scientifiques ont permis de mettre à jour et publier des vestiges préhistoriques en Turquie, à l’époque républicaine. Il jouit d’une renommée mondiale. Dans les années 1930-40, les fouilles furent dirigées par Hetty Goldman, du Bryn Mawr College en Pennsylvanie (Etats-Unis). Au début du XXe siècle, alors que l’archéologie était encore un domaine fermée aux femmes, Goldman fut l’une des premières femmes scientifiques à ouvrir la voie. Les trouvailles de Goldman et de son équipe ont révélé une période archéologique/historique exceptionnellement longue : la colline a été habitée sans interruption de l’époque néolithique -de laquelle date l’installation ferme des hommes à Çukurova- à nos jours. De nouvelles inverstigations ont été entreprises par l’Université du Bosphore en collaboration avec le Bryn Mawr College en 2001. Avec les fouilles menées depuis 2007, il s’agit de se concentrer sur les points de rupture de cette période pour mieux comprendre et reconstituer le processus d’évolution du site. Cette présentation évaluera les premiers résultats des nouvelles fouilles de Tarsus-Gözlükule dans la perspective énoncée plus haut.
   
25 mars 2009 - Prof.  Nuran Şahin
Claros et l’oracle

Claros était l’un des trois grands centres oraculaires de l’époque antique. Création des croyances païennes, la Divination était l’une des identités d’Apollon, le dieu devin. Apollon était devenu un dieu diseur d’oracle à Claros et avait réalisé à Claros la divination d’Izmir. La fondation de l’espace sacré et du centre oraculaire de remonte au XIIIe siècle, avant J.C, à la fin de l’Age de pierre. Sa fondatrice était la fille de Tiresias, prêtre d’Apollon, Manto. La divination étant effectuée avec de l’eau, l’espace sacré où se trouvait le temple était situé à proximité d’une source. Les auteurs antiques, notamment Pausanias, racontent que le dieu de l’oracle Apollon clarien était célébré par les fêtes qui avaient lieu tous les ans et tous les cinq ans et qu’outre la centaine de sacrifices animaux, de nombreuses offrandes étaient présentées sur les autels.
Les fouilles de Claros commençèrent en 1904 et devinrent des fouilles turques à partir de 2001. Ces fouilles sont conduites avec le soutien du Ministère de la Culture et du Tourisme, de l’Université de l’Egée et de TÜBITAK. Les deux voies sacrées archaïques découvertes pendant les fouilles sont des specimens uniques dans le monde de l’archéologie. Ces voies continuent vers le Sud en direction de la ville importante de Notion. 

22 Avril 2009 Prof. Engin Beksaç
L’expression du sacré chez les Thraces: réalités et illusions

Les Thraces sont l’une des importantes cultures primitives de l’histoire mondiale. Pourtant, en raison de caractéristiques différentes des valeurs élaborées après le XIXe siècle, on considère en général qu’ils sont restés dans l’ombre d’autres cultures et on les néglige ou les évalue d’après d’autres cultures. La culture thrace raconte sa propre identité, d’un point de vue qui a gagné de l’importance depuis le dernier quart du XXe siècle et qui commence à exposer les réalités. Les Thraces avaient une identité culturelle commune à beaucoup de sociétés antiques mais différente de ce qui a été affirmé par le discours classique. Ils avaient une conception particulière du sacré et les espaces sacrés qui l’accompagnaient étaient eux-aussi différents. Avec cette différence de nature et leur conception ésotérique les Thraces ont profondément influencé de nombreux contemporains et façonné leur compréhension du sacré. Le reflet de cette conception du sacré est conservé dans les objets et espaces sacrés des terres de Thrace.

27 mai 2009 - Prof. Filiz Yenişehirlioğlu
 L’archéologie ottomane

Les données de la culture matérielles de l’Empire ottoman, doté d’Une riche géographie historique, concernent les territoires de 33 Etats. Longtemps refusée, détruite ou exclue des recherches parce que trop récent par ces pays, l’époque ottomane est désormais étudiée par les chercheurs de nombreux pays. Des fouilles sont effectuées et les découvertes faites dans les couches ottomanes de ces fouilles sont étudiées et évaluées en fonction de l’histoire de ces pays. L’archéologie ottomane est un domaine en développement qui pourra apporter des éclaircissements sur de nombreux sujets, tels l’histoire, l’économie, la culture matérielle, le matériel militaire, l’implantation ou la population, en fournissant des renseignements sur des sujets non documentés par l’écrit ou en enrichissant les sujets traités par les archives.