Les décorations et médailles ottomanes comme signes honorifiques

De la couronne de Nelson à la tradition ottomane des médailles

La tradition ottomane des médailles commence en 1789, lorsque Napoléon Bonaparte occupe l’Egypte sous domination ottomane, prenant prétexte du soulèvement mamlouk. Surpris par cette attaque soudaine de l’une des armées les plus puissantes de l’époque, le gouvernement ottoman ne riposte pas mais prend quelques mesures. Il avertit les divisions du pourtour méditerranéen de la probabilité d’une attaque française et encourage les Mamlouks à se soulever contre les Français. Les divisions militaires des villes du littoral sont invitées à bien accueillir les troupes anglaises. Selim III avait prévu que les Anglais pourraient risposter à l’occupation française car l’Egypte constituait pour eux un passage important sur la route de l’Inde. Effectivement, le 28 juillet, la flotte de Nelson débarqua sur les côtes égyptiennes. Les Anglais remportèrent la bataille navale et cette alliance de fait entre les Ottomans et les Anglais eut un retentissement important dans l’Empire. L’Empire ottoman exprima sa reconnaissance à Nelson et à l’ambassadeur d’Angleterre à Istanbul. L’aigrette (çelenk) de pierres précieuses offerte à Nelson était plus importante que les présents traditionnels.

Selon la définition de Pavet de Courteille dans son Dictionnaire du turc oriental, la çelenk est la «plume que porte une personne sur son chapeau en signe de son héroïsme ». A partir de la fin du XVIIIe siècle, le sens de ce mot s’est transformé : la çelenk a été institutionnalisée dans la tradition militaire ottomane et, jusqu’aux années 1820, elle a été utilisée pour récompenser les succès militaires. L’exceptionnalité de la couronne de Nelson est liée à sa valeur matérielle et au fait qu’elle était pour la première fois remise à un non musulman. Jusqu’alors, les présents faits aux ambassadeurs étrangers se limitaient généralement à une toge honorifique (hil’at) , une tabatière en or ou un cheval. Les grands de l’Empire recevaient des zibelines de haute qualité. La çelenk  de Nelson se rapprochait par sa valeur des aigrettes qui ornaient les bonnets des hauts bureaucrates et sultans ottomans. La rumeur courait même qu’elle avait été détaché de l’un des bonnets du sultan. L’ambassadeur général d’Angleterre Spencer n’eut pas tort de comparer la çelenk de Nelson aux ordres de chevalerie  occidentaux et de la qualifier de badge ou insigne. Autre élément intéressant, une deuxième décoration fut envoyée à Nelson en 1799 et qualifiée en Occident d’ « ordre du Croissant ». Les sources ottomanes considéraient les deux objets comme des présents offerts à un fidèle ami de l’Empire, alors que les Anglais les interprétaient selon les normes occidentales, inventant une tradition qui n’existait pas dans l’Empire. Le 21 mars 1801, la nouvelle défaite de l’armée française contre l’alliance ottomano-anglaise entraîna la signature d’un cessez-le-feu qui conduisit les Français à quitter l’Egypte. La perte de la dernière citadelle française d’Egypte le 27 août assura le rétablissement de la souveraineté ottomane sur ces terres. Ces succès acquis grâce au soutien des Anglais entraînèrent la création d’une nouvelle médaille, la médaille de l’Egypte (Vak'a-i Mısriyye Madalyası) qui fut remise aux commandants, lieutenants et soldats anglais.

Le sultan Selim III coiffé de son aigrette (çelenk), d’après Melling, Voyage pittoresque de Constantinople et des Rives du Bosphore, collection Isa Akbas.

Le développement des décorations, 1801-1812

Durant le processus de création des médailles, où l’ambassadeur d’Angleterre Spencer joua un rôle actif, les décorations ottomanes se rapprochèrent des exemples en vigueur en Europe depuis les Croisades. En Occident, les décorations et médailles furent utilisées comme récompenses civiles et militaires surtout à partir des guerres napoléoniennes. De ce point de vue, l’Empire ottoman s’appropria rapidement les décorations à l’occidentale. Cependant, il faut souligner que dans l’Empire ce type de décorations ne fut jamais remis à des sujets ottomans, les modes de récompense traditionnelle continuant à être utilisés pour l’armée et la bureaucratie. Autre élément intéressant, à partir du XVe siècle, des médailles étaient produites dans l’Empire pour exalter les Ottomans et leur intégration dans la diplomatie européenne. En réponse à la nécessité de créer de nouveaux symboles étatiques, le motif de l’étoile à huit branches et du croissant sur fond rouge est reproduit sur l’ordre de l’Egypte. L’occidentalisation des médailles accompagne le développement de la présence ottomane dans la diplomatie européenne, qui va de la création de la première repésentation ottomane permanente ottomane à la diplomatie des alliances. La première phase (1798-1801) est marquée par l’alliance anglo-ottomane, alors que la deuxième phase, à partir de 1806, voit la signature du traité de paix entre Selim III et Napoléon Bonaparte et la restauration de bonnes relations avec la France.   L’ordre du Croissant est alors remis aux Français censé protéger les Ottomans contre la flotte anglaise. Les médailles se transforment  en symboles d’alliance et les Etats européens sont en concurrence pour les obtenir. Avec le temps, les décorations et médailles deviennent des symboles de privilèges, semblables aux Capitulations, que les Ottomans remettent aux Européens pour se faire valoir. Les Etats européens ne ressentent pas le besoin de répondre à ces décorations et le processus reste à sens unique..

L’Ordre du Croissant, vers 1808, face. Sceau d’Osman III, musées archéologiques d’Istanbul, collection numastique des musées archéologiques d’Istanbul..
Ordre du Croissant, vers 1808. Revers, croissant orienté vers la droite et étoile, collection numismatique des musées archéologiques d’Istanbul.

La réforme du costume et les types de décorations, 1827-1851

Portrait d’un lieutenant ottoman avec une décoration en double flèche et une décoration de cononnerie, Collection Isa Akbas.

Les réformes militaires du règne de Mahmud II ont symbolisé l’occidentalisation du régime avec l’abolition des janissaires et la suppression des uniformes traditionnels. La réforme du costume militaire et l’imposition du fes ont rapidement influencé la bureaucratie civile, où la veste et le pantolon se sont imposés. Les transformations rapides dans le domaine vestimentaire ont suscité des changements dans la tradition des médailles et décorations. En effet, les aigrettes, fourrures et autres insignes du même genre ne convenaient plus aux nouveaux vêtements. La principale innovation de la période est la remise de décorations à des sujets ottomans et la différenciation entre les récompenses attribuées en échange d’un service ou d’un succès précis et celles données automatiquement.

L’album de décorations de Düzoğlu Boğos, 1851

Vers la fin des années 1840, les décorations ottomanes ont atteint un certain niveau de standardisation et de stabilité. L’apparition d’un album de décoration préparé au Palais et attribué à Düzoğlu Boğos participe de cet effort de standardisation. Hoca Boğos Düzyan (1797-1871) fut de 1839 à 1853 l’orfèvre en chef de l’Hôtel des monnaies. L’album daté du règne d’Abdülmecid (1839-1861) recense 401 objets, leurs possesseurs, rangs et places. L’album mentionnet trois métaux utilisés des années 1820 aux années 1840 pour la fabrication des médailles: l’or, l’argent doré et l’argent. La nature et le nombre des pierres précieuses sont également des éléments importants dans la différenciation des médailles.

Première, deuxième et troisième classe de l’Ordre du Privilège (Nisan-i Imtiyaz), dessin de Düzoglu Bogos (1797-1871)
Collection de la bibliothèque du Palais de Topkapi

 

L’Ordre de la Gloire (Nisan-i Iftihar), 1831-1918

Portrait Ordre du Privilège, incrusté d’or, argent, émail et diamant, vers 1840, musées archéologiques d’Istanbul, département de numismatique ottomane

La date de création de l’Ordre de la Gloire est incertaine, entre 1831 et 1834. Le nom de cette décoration est imprécis quant à la nature de la récompense. On la trouve parfois sous l’appellation d’ “Ordre glorieux” ou “Ordre du Privilège”, ce qui démontre que les Ottomans n’avaient pas à cette époque effectué une différenciation aussi poussée que les Européens entre les différentes déorations. L’Ordre de la Gloire s’inscrit peut ainsi être un signe de distinction ou une décoration. Quant au sens du mot gloire, il désigne l’honneur de la personne qui reçoit la décoration. On peut distinguer les usages suivants des médailles de la gloire: certaines furent créées en exemplaire unique avec une fonction spécifique; d’autres étaient liées à un rang particulier, de même que les épaulettes et insignes militaires en Europe. Enfin, une partie étaient utilisées comme moyen de récompense sur la base du mérite, indépendemment de tout grade. Comme en Europe, un certificat accompagnait la remise de médailles. 

A la fin de l’année 1851, le gouvernement décide de confier la fabrication de médailles et insignes à l’Hôtel des monnaies. C’est alors qu’est créé l’Ordre Mecidi. La nouvelle décoration est une méraille du mérite, qui rompt avec la tradition des insignes précieux, coûteux pour le budget de l’Etat. L’Ordre de la Gloire continue d’être remis après 1851 à un petit nombre de grands de l’Empire.

Le portrait impérial et l’Ordre du Privilège, 1832-1862

Le portrait impérial du sultan Mahmud II. Graveur: Marras, 1832 Huile sur ivoire
Collection du trésor du palais de Topkapi

A l’époque où se répandait l’Ordre de la Gloire, apparaut une nouvelle décoration intitulée portrait impérial de Mahmud (Tasvir-i Hümayun). Il s’agissait d’un portrait miniature de Mahmud II sur ivoire. Les sultans ottomans étaient depuis longtemps amateurs de portraits. Ils utilisaient leurs portrait comme cadeau et récompense. Cependant, le portrait impérial de Mahmud II se distinguait des tabatières ornées de portraits offertes aux ambassadeurs étrangers aux époques précédentes. Il s’agissait d’une décoration officielle, dont l’apparition est datée de 1832. La présence du portrait du sultan signifie que le sultan en personne honore la personne récompensée, ce qui fait de cette décoration la plus précieuse de l’époque. A partir de juillet 1836, le portrait de Mahmud II orne les casernes de Selimiye, Rami et Taksim ainsi que la Sublime Porte et l’Ecole militaire. De ce point de vue, la décoration avec le portrait du sultan était autant un honneur qu’un moyen de rappeller le réformisme autoritaire  du sultan. L’un des premiers bénéficiaires de cette décoration, ovale ou rectangulaire, fut Kazaz Artin Amira Bezciyan. Après la mort de Mahmud II, le portrait impérial fut moins utilisé, sans doute pour plusieurs raisons: il faisait de l’ombre à ses successeurs; les milieux conservateurs montraient ainsi leur hostilité aux réformes (de même, le portrait fut retiré des administrations); enfin, l’Ordre de la Gloire, plus proche des insignes européens lui était préféré…

Jusqu’à la fin de l’Empire, le portrait du sultan ne fut plus utilisé sur les médailles et décorations, non plus que sur les billets de banque. Sous le règne de Mehmed Reşa, le portrait du sultan fut seulement imprimé sur les timbres. L’Ordre du Privilège, au dessus de l’Ordre de la Gloire, était remis pour mérite et service exceptionnel. Nous ne disposons pas de documents sur la création de cette décoration et le faible nombre d’exemplaires qui ont subsisté semble indiquer qu’il s’agissait d’une décoration exceptionnelle.

Le passage à une dimension internationale

En 1851, un nouveau médaillon, différents des autres, commença à être produit dans l’Empire. Sur une lourde médaille décorée, était représenté un bouclier formée de la juxtaposition de plusieurs objets, principalement des armes. Sur la plupart des objets figuraient le nom de personnalités réformatrices. Sur l’empilement d’armes figurait l’emblême d’Abdülmecit et la mention qu’il avait restauré l’Empire. Sur ler revers de la médaille une inscription indiquait que l’Empire tirait sa force du soutien de Dieu. Dénommée Médaille des Tanzimat et conçue par le graveur bruxellois Laurent-Joseph Hart'ın (1810-1860), la médaille était un instrument de légitimation du ferman des Tanzimat. Parallèlement, le symbolisme dessiné par Hart et les allégories représentant des figures féminines rapprochaient la médaille des exemples occidentaux, alors que la juxtaposition d’emblêmes constituait une première esquisse de l’emblême ottoman.

La première décoration de type occidental: l’ordre Mecidi, 1852-1922

Midhat Sükrü [Bleda], Ordre Mecidi de deuxième classe, vers 1920, collection Isa Akbas

 

Le 29 août 1852, la création de l’Ordre Mecidî est accompagné de la publication d’Une circulaire dans le premier volume du Düstur. Un cadre légal et administratif de type européen accompagne ainsi la décoration, précisant à qui, pour quelles raisons et selon quelles modalités la décoration serait remise. L’importance de cette décoration est attestée par sa présence sur les pierres tombales.

L’époque du sultan, l’Ordre Osmanî Nişanı et l’ottomanisme

Sous le règne d’Abdülaziz, un ordre impérial annonce la création d’une nouvelle médaille le 9 décembre 1861. D’un point de vue technique, l’Osmani présente deux différence avec le Mecidi. L’une est de n’être pas soumis aux mêmes traditions que les décorations ornées et  l’autre est de pouvoir à une personnalité de n’importe quel rang. L’inscription en arabe qui accompagne l’emblême ottoman, “Abdülaziz Han, souverain de l’Etat ottoman, serviteur de Dieu”, souligne la légitimité divine du pouvoir du sultan. Une autre spécificité de l’Osmani est l’utilisation des couleurs rouges et vertes, symboles de l’Empire.

 

 L’époque d’Abdülhamid II et un nouveau symbolisme…

Après la défaite dans la guerre ottomano russe de 1877-78, Abdülhamid II voulut effacer la mauvaise impression laissée par la guerre en récompensant les soltats. Il faisait ainsi figurer la mention le victorieux «el-Gâzî» sur les médailles. Bien que son règne fût marqué par des défaites militaires et des difficultés financières, le sultan fit des médailles un outil politique et idéologique. Plutôt que de remplacer les décorations créées par ses prédecesseurs, il les compléta et permit aux femmes d’en être les bénéficiaires. L’Ordre de la Charité (Şefkat Nişanı) pouvait être remis à «toutes les femmes portant assistance aux victimes de guerre ou de catastrophe au nom de l’humanité et du salut de l’Etat et de la patrie ». Parmi les bénéficiaires, les épouses ou filles de hauts fonctionnaires, ainsi que des femmes étrangères. Sous le règne d’Abdülhamid II, l’«Ordre du haut privilège» (Nişan-ı Âlî-i İmtiyaz) était l’équivalent des ordres Mecidi et Osmani, mais ceux-ci furent aussi complétés. Dans l’inscription figurant sur l’Ordre Mecidi, aux mots «fidélité» (Sadakat), «zèle » (Hamiyyet) et «courage» (Gayret) fut ajouté le mot «audace» (Şecâ'at). L’ordre du haut Privilège était remis aux rois et empereurs, ainsi qu’aux étrangers, de manière très sélective. L’exceptionnalité de cette récompense est attestée par le fait qu’on ne la trouve que sur les photos des princes et bureaucrates de haut rang. 

Parallèllement, la nécessité d’un emblême de l’Empire plus sophistiqué que le croissant traditionnel se fait jour. On ne connaît pas la date précise de l’apparition du blason de l’Empire mais il figure sur la face des médailles de la Charitié et de l’audace, jusqu’à la chute de l’Empire

Blason en bronze de l’époque d’Abdülhamid, Collection Isa Akbas

Le symbolisme de l’Etat s’est affirmé sous le règne d’Abdülhamid II. Le blason de l’Empire a alors commencé  à être utilisé partout, des médailles aux bâtiments, comme symbole de l’Empire. Le croissant et la lune étaient moins officiels mais plus “nationaux”, alors que la tuğra était réservée au sultan. La médaille du Mérite s’est ajoutée aux précédentes à l’époque d’Abdülhamid II. Dans les années 1889-1905, la médaille de la Crète et la médaille de la guerre grecque ont été créées dans un but patritique. Des médailles ont également été créées pour lever des fonds lors d’épidémies ou de séismes, renvoyant à une sorte d’ “Etat providence” hamidien. Avec son approche paternaliste, le sultan cherchait à renforcer l’ottomanisme, tout en exaltant sa propre image par des remises de médailles parfois arbitraires.

Niyazi Bey, le héros de la Liberté, 1908, Collection Isa Akbas

Après 30 ans d’absolutisme hamidien, la révolution de 1908 a eu un écho non seulement sur les portraits, symboles et mots, cartes postales mais aussi sur les décorations et médailles. Parallèlement au portrait du sultan, ceux d’Enver et de Niyazi, les mots «Liberté», «Egalité», «Fraternité» ve «Justice» ne figurent pas seulement en ottoman mais aussi en grec, arménien, bulgare et français, dans le cadre de l’idéologie de l’union des peuples, sur de nombreuses cartes postales et médailles. Le 10 août 1908, une nouvelle médaille est créée pour célébrer le rétablissement de la Constitution. Les armes impériales, le mot « loi » et la date de la première constitution ( 24 décembre 1876) figurent sur la face de la médaille. Sur le revers, on trouve le slogan «Liberté-Egalité-Fraternité» et 1908, date de création de la médaile

Carte postale commémorant la révolution jeune-turque et la Constitution, 1908, Collection Isa Akbas

La médaille de la Constitution peut être interprétée comme une tentative d’Abdülahmid II de s’approprier la seconde proclamation de la constitution et de contrer la production éventuelle de médailles non officielles. Cependant, de la révolution de 1908 à la tentative de contre révolution du 13 avril 1909 (dite du 31 Mars), la médaille prévue n’a pas été frappée. A sa place,une modeste médaille a commémoré la 1ere réunion de l’assemblé le 26 décembre 1908.

Médailles commémoratives non officielles de la révolution Jeune-Turque et de la restauration de la Constitution, vers 1909, collection Isa Akbas

 

Le patriotisme et l’ottomanisme, 1909-1912

Abide-i Hürriyet, 1911.
Sinan Kuneralp Koleksiyonu

Le monument de la Liberté élevé en commémoration des soldats morts en réprimant le soulèvement d’avril 1909 est rapidement devenu le symbole du régime, représenté sur les timbres poste et les médailles  émises à l’occasion de son inauguration. Tout en maintenant les médailles précédentes, le nouveau régime entreprit de créer de nouvelles décorations soulignant son idéologie. La plus importante est la Médaille de l’Education, créée en 1910 pour exalter les concepts de patriotisme et citoyenneté. Parallèlement à la faible production de médailles par l’Etat, les associations de l’époque multiplient les créations de médailles non officielles.

Durant les années 1912-14,la division de l’Empire, les pertes territoriales et les convulsions qui précédèrent la 1ere guerre mondiale entrainèrent la hausse du militarisme et du nationalisme. A cette époque, des médailles furent émises au profit d’institutions censées exprimer la fidélité à la patrie: médaille du secours naval, du Croissant rouge, du secours militaire, du croiseur Hamidiye… Avec l’entrée en guerre aux côtés des Allemands, les médailles ottomanes s’inspirèrent du style allemand. La médaille ottomane militaire était une adaptation de la Croix de fer allemande: son cadre en argent était identique mais la croix avait été remplacée par une étoile. A l’occasion de l’alliance allemande-autrichienne-ottomane, des médailles étrangères furent pour la première fois remises aux soldats ottomans.

Les médailles et les rosettes scolaires

Des aigrettes de lauriers, feuilles de chêne et épées croisées sont ajoutées aux médailles existantes. La création d’une médaille de l’Indépendance (İstiklal Madalyası), symbole du gouvernement d’Ankara est évoqué à l’assemblée le 2 août 1920 et entérinée par la loi du 4 avril 1921. La médaille de l’Indépendance est déclarée seule médaille officielle de la République de Turquie, et le lien est coupé avec les décorations et médailles de l’époque ottomane. 

L’ordre du privilège à l’épée, 1916. Collection Isa Akbas de l’indépendance, 1922. Graveur : Mesrur Izzet Bey. Face: lever de soleil derrière l’Assemblée nationale et une mosquée, collection Isa Akbas L’ordre Médaille de l’indépendance, 1922. Graveur : Mesrur Izzet Bey. Revers: Carte de l’Anatolie dessinée sur l’étoile et le Croissant, collection Isa Akbas

 

Bibliographie:

Edhem Eldem, İftihar ve İmtiyaz: Osmanlı Nişan ve Madalyaları Tarihi, Osmanlı Bankası Arşiv ve Araştırma Merkezi, İstanbul, 2004.

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