Activités
Les deux rives de l’Egée 2006-2007
29 septembre 2006 –Meropi Anastassiadou
Les foyers grecs orthodoxes d’Istanbul (XIXe et XXe s.): Evolutions sociales et démographiques.
Meropi Anastassiadou se penchera sur la vie de la population grecque orthodoxe d’Istanbul aux XIXe et XXe siècles à travers les registres démographiques et communautaires de la ville. En se concentrant sur Beyoğlu, où les Grecs orthodoxes aisés étaient particulièrement nombreux, elle évoquera les changements de la structure familiale grecque marquée par des caractéristiques rurales et régionales sous l’influence de l’urbanisation. Anastassiadou résume ainsi son sujet: “Des années 1850 à nos jours, l’installation de milliers de Grecs à Beyoğlu a uni les structures familiales, la culture et les valeurs à ce lieu. Les registres démographiques tenus au début du XXe siècle sont la meilleure source pour comprendre les caractéristiques des familles grecque orthodoxes vivant à Istanbul à cette époque. On peut ainsi étudier la résistance des modèles locaux et l’émergence de nouveaux liens familiaux.”
Meropi Anastassiadou a étudié le droit à Thessalonique et l’histoire à Paris. Elle a effectué son doctorat à l’ÊHESS. Sa thèse portait sur les transformations urbaines et sociales de Salonique au XIXe siècle. Elle a publié “Une ville ottomane à l’âge des Réformes: Salonique (1830-1912)” et des articles sur les sociétés urbaines de Méditerranée orientale aux XIXe et XXe siècles. Elle a passé quatre ans à Istanbul avant de rejoindre l’équipe "Etudes Turques et Ottomanes" à Paris, en 2003. Elle s’intéresse principalement à l’héritage culturel et aux relations entre les identités partagées des Grecs de Turquie et de Grèce. Elle est membre du CNRS depuis 1997 et enseigne à l’EHESS-Paris et à l’université de Strasbourg.
20 octobre 2006 – Dr. İpek K. Yosmaoğlu
Quelques aspects pratiques de la réforme de la gendarmerie en Macédoine ottomane
Yosmaoğlu étudiera le programme de réforme de Mürzsteg en Macédoine, à la fin de l’époque ottomane. Yosmaoğlu évoque ainsi son sujet: “L’Etat ottoman a refusé de reconnaître l’existence de la Macédoine. En 1903, la crise diplomatique autour de la “question macédonienne” s’est aggravée et les activités des révolutionnaires macédoniens sont devenues incontrôlables. L’Etat ottoman a été contraint d’accepter le programme de Mürzsteg qui prévoyait de rétablir l’ordre dans la région. L’objectif du programme établi à l’initiative de la Russie et de l’Autriche Hongrie était de rétablir la paix et la sécurité ébranlées dans la région après le soulèvement général de 1903. Cette tentative ne se contente pas d’aborder les obstacles à la réforme militaire, elle nous aide aussi à mieux comprendre les relations entre Etat, société et communauté à une époque critique”
Yosmaoğlu a obtenu son doctorat à l’université de Princeton en 2005, avec une thèse intitulée “La robe du prêtre, le fusil du rebelle: conflit communautaire et construction de l’identité nationale dans la Macédoine ottomane, 1878-1908”. Elle a bénéficié du soutien du National Endowment for the Humanities et de l’Institut de recherche américain en Turquie pour un projet de post-doc, qui l’a amenée à revenir à Istanbul en 2006 dans le cadre de ses recherches. Elle rejoindra en 2007 le département d’histoire de l’université Wisconsin-Madison et poursuit ses recherches aux archives ottomanes et au centre de recherches ottomane Skilliter de l’université de Cambridge.
17 novembre 2006 – Paraskevas Konortas
Identités partagées dans le district de Gümülcine (1870-1913): statistiques démographiques et nationalisme.
Konortas évoquera la situation de la Thrace occidentale et plus particulièrement de Gümülcine à la fin de l’époque ottomane. En se fondant sur les données démographiques ottomanes, grecques et bulgares et d’autres sources qui leur sont liées, Konortas montrera que jusqu’aux guerres balkaniques et Traité de Lausanne, une grande partie de la population (composée de Musulmans, Orthodoxes et en nombre plus réduit Arméniens, Juifs et autres) n’avait pas d’identité nationale établie. Il affirme ainsi: “Gümülcine était à l’époque majoritairement peuplée de Musulmans, mais les opposants nationalistes (grecs et bulgares) refusaient de voir cette situation et voulaient transformer chacun en Grec et Bulgare”.
15 décembre 2006 – Engin Berber
Les habitants des campagnes d’Anatolie sous l’occupation grecque et leur mode de vie.
Engin Berber étudiera la population et la vie à Foça, district dépendant du département d’Izmir, pendant les 3 ans et demi d’occupation grecque. Berber décrit ainsi son sujet: “Tout d’abord, nous souhaitons définir les mots “occupation”, “Anatolie” et “rural” et expliquer ainsi pourquoi nous avons choisi l’exemple de Foça. En considérant les habitants de Foça, leurs lieux de vie, leur profession et culture, nous tenterons d’éclairer leurs habitudes alimentaires, leurs divertissements, leurs traditions et les relations entre les communautés. Nous essaierons enfin de répondre à la question: “l’occupation grecque a-t-elle changé les gens et les modes de vie à Foça?”.
Engin Berber a obtenu sa licence au département d’histoire de l’université de l’Egée en 1983. En 1985, il a achevé son master à l’Institut des sciences sociales et a commencé son doctorat. En 1989, il a obtenu une bourse du gouvernement grec pour les recherches en doctorats sur l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine, qui lui a permis de se rendre à Athènes .En 1993, il a obtenu son doctorat à l’Institut Atatürk de l’université Dokuz Eylül, avec une thèse intitulée “le département d’Izmir au temps de l’Armistice et de l’occupation grecque”. Sa thèse a été publiée en 1998 sous le titre “Des années douloureuses: le département d’Izmir au temps de l’armistice et de l’occupation grecque, 1918-1922” (Ayraç Yayınevi, Ankara, 1997) et a obtenu le prix Afet İnan de recherche en histoire. En 2001, il est devenu maître de conférences en histoire de la République turque. Il est actuellement directeur de la section histoire du département de relations internationales de l’université de l’Egée.
16 février 2007 – Panel
Avec la participation des professeurs Edhem Eldem et Christos Hadziiossif, et de Vangelis Kechriotis, modérateur. Les participants proposeront un bilan du séminaire qui s’est tenu pendant deux ans et débattront des avancées effectuées dans les sujets traités. Les questions suivantes seront abordées: les séminaires ont-ils réussi à établir un discours interdisciplinaire en traitant de sujets allant de l’économie à l’idéologie, de l’identité à l’urbanisme et de l’éducation au commerce? Ont-ils contribué au dialogue entre les universitaires grecs et turcs, au progrès de la recherche et au développement des recherches sur l’Empire ottoman et la Grèce, comme champ de travail commun?
Les communications du séminaire “Economie et société sur les deux rives de l’Egée” qui s’achève par ce panel seront rassemblées et publiées en 2007.
Vangelis Kechriotis obtenu sa licence au département d’histoire et d’archéologie de l’université d’Athènes en 1992. Il a obtenu son master en histoire comparée en 1996 à l’université d’Essex. Accepté en 2002 en doctorat à l’université de Leiden, il est devenu la même année assistant au centre de recherches sur le Moyen-Orient de l’université d’Harvard. Depuis 2003-2004, il enseigne l’histoire des Balkans à l’université du Bosphore. Il a obtenu son doctorat en 2005 et est l’auteur de nombreuses recherches et publications.
Le professeur Edhem Eldem est le concepteur du musée de la Banque ottomane. Depuis 1989, il est enseignant au département d’histoire de l’Université du Bosphore. En 1989, il a débuté le classement des archives de la Banque ottomane, dont il a publié l’inventaire en 1994. Depuis 1997, il a joué un rôle actif dans la création du centre d’archives et de recherches de la Banque ottomane et ses activités.
Le professeur Christos Hadziiossif a étudié le droit et l’économie politique aux universités d’Athènes et d’Heidelberg et effectué son doctorat à l’Université Paris IV. Il est spécialiste de l’économie et la société grecques aux XIXe et XXe siècles. Il est actuellement professeur d’histoire contemporaine à la faculté d’histoire et d’archéologie de l’université de Crète.
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