Activités - Les Séminaires sur la Formation de la Turquie contemporaine durant 2005-2006
15 Octobre 2005 – Prof. Zafer Toprak
La Turquie républicaine et "Populism"
Le terme "populisme" est l’un des concepts les plus vagues dans la littérature courante des sciences sociales. Le terme émerge pour la première fois en Russie à titre d’idéologie, acquiert plus tard une identité politique en tant que catégorie en science politique et finalement les connotations économique, culturelle et même artistique du populisme deviennnent un sujet de débat. Dans la première période de la Turquie républicaine, le mot "populisme" entre dans la littérature en tant que "mouvement populaire" et prend une autre forme durant la période multipartite. Dans les années 1970, il est enfin considéré comme l’application du "modèle économique de la substitution des importations".
19 Novembre 2005 – Prof. Ayhan Aktar
La Turquie républicaine et "Racism-Touranisme"
Beaucoup de points peuvent être accentués sur le mouvement raciste-touranien, qui se développe dans la politique turque durant la période républicaine. Au premier abord, le mouvement a contribué à la production d’un scénario pour la dimension défensive du discours nationaliste du kémalisme. Son rôle a diminué lorsque la Seconde Guerre mondiale a été gagnée par le "Front démocratique" et a pris fin en 1944 par le jugement des personnages clés du mouvement raciste-touranien lors du régime du Chef national. En second lieu, un nouveau mouvement émerge avec l’arrivée de la Guerre froide et s’organise autour des thèmes tels que "la lutte contre le communisme", "la menace soviétique" et "l’unité nationale et coopération". A la suite du développement de l’urbanisation, du changement social et de la faction populiste de la Droite turque, le nouveau mouvement "Drapeau et Prière" gagne de l’importance. Tout en étant essentiellement séculaire durant le période de parti unique, le second mouvement raciste-touranien s’est graduellement référé aux thèmes religieux avec le coup d’Etat militaire de 1980 et est entré dans un nouveau processus de transformation.
17 Décembre 2005 – Ahmet Demirel, Maître de Conférence
La Turquie républicaine et "Conservatisme"
L’attitude conservatrice, qui fuit changement et se réfugie dans des valeurs préétablies, se développe en Turquie comme un produit de la transition, de l’empire à la République. Dans les premières années de la République, le conservatisme turc apparaît plutôt sous forme de conservatisme culturel. Après avoir adopté un rôle effacé durant la période de parti unique, le conservatisme turc s’est répandu dans la politique à partir de l’ère multipartite jusqu’à nos jours.
21 Janvier 2006 – Prof. Günay Göksu-Özdogan
La Turquie républicaine et le "Nationalisme"
Le nationalisme turc a émergé comme une idéologie dominante dans la vie politique turque après la fondation de la République. A la différence des prétentions des idéologues, ce n’était pas un courant propre à lui-même et devait être considéré dans une perspective comparative avec d’autres idéologies nationalistes. D’autre part, il serait plus convenable d’évoquer de différents nationalismes turcs au lieu d’en mentionner un seul. Le concept d’"identité nationale", redéfini dans le cadre des principes républicains, est très différente du courant turciste paraissant dans les derniers jours de l’Empire ottoman. Les éléments de l’identité nationale, les fondements historiques et ses limites sont encore un sujet de débat devant les difficultés auxquelles le nationalisme turc fait face dans le processus de la formation de l’Etat-nation. La contradiction entre le principe de la citoyenneté basée sur un territoire visant à accueillir de différents groupes éthniques et religieux, et l’accent mis sur l’identité éthnique turque, aussi culturelle qu’historique, se renforce dans la mesure où elle s’éloigne des politiques égalitaires. Au lieu d’insister sur les liens civiques patriotiques, l’accent était mis sur la sécurité de l’"Etat" et les efforts déplorés pour l’unité avaient échoué. Les débats théoriques et politiques, au niveau global, en ce qui concerne le modèle d’Etat-nation classique, nécessitent la réévaluation du nationalisme turc sous une nouvelle perspective.
18 Février 2006 – Fuat Keyman, Maître de conférence
La Turquie républicaine et le "Libéralisme"
L’histoire moderne turque comprend une dichotomie politique majeure. D’une part, elle relate le succès de la modernisation et le passage à la démocratie et de l’autre, l’inaptitude à établir une modernisation et une démocratisation durables soit au niveau des relations entre l’Etat et l’individu ou la société soit parmi des groupes sociaux différents. Bien que le libéralisme soit le concept-clé pour comprendre et résoudre cette dichotomie, il est encore en Turquie une théorie politique et une forme d’administration sociale peu discutées. En mettant l’accent sur les derniers débats sur le libéralisme contemporain, la conférence discutera les voies par lesquelles le libéralisme peut développer un processus de modernisation et de démocratisation en Turquie.
18 Mars 2006 – Prof. Fatmagül Berktay
La Turquie républicaine et le "Féminisme"
L’évolution du féminisme en Occident a également produit un processus similaire dans la société ottomane (avec un certain décalage de temps). Le discours féministe était essentiellement une façon de porter et d’établir à la sphère publique les droits civiques en exprimant l’égalité des femmes en tant qu’êtres humains. L’une des charactéristiques du féminisme ottoman était son attachement au nationalisme. Les femmes ottomanes ont revendiqué leurs droits, et en particulier le droit à l’éducation et aux privilèges politiques, en avançant l’argument qu’elles étaient les "mères de la nation". Malgré cette relation étroite avec le nationalisme, l’idéologie fondamentale de la République a ouvert la voie au féminisme mais l’a empêché de développer une conscience et une méthode indépendentes et a constitué un obstacle intellectuel à ses revendications de libération.
15 Avril 2006 – Prof. Mete Tuncay
La Turquie républicaine et le "Marxisme"
La forme marxiste la plus connue en Turquie est le marxisme-léninisme et l’anti-impérialisme. Durant la libération nationale, il y avait un certain effort de réconcilier cette idéologie avec l’Islam mais les politiques de sécularisation de la période successive ont fait oublier cet effort. Le marxisme admet la plupart des réformes kémalistes pour moderniser le pays. Malgré l’établissement de bonnes relations avec l’Union soviétique jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, La Turquie ne fait connaissance du socialisme marxiste qu’après 1960.
27 Mai 2006 – Prof. Zafer Toprak
La Turquie républicaine et le "Faschisme"
D’après le célèbre historien français Pierre Milza, la Turquie avait adopté, durant la période du Parti unique, un régime semi-dictatorial qui évoquait le faschisme. Il avance que l’attitude autoritaire du Parti populaire de la République et les fondements idéologiques du programme de réformes kémaliste présentaient des similitudes avec le programme de Mussolini. Cependant, il accentue également que les différences entre les deux régimes prédominent par rapport aux similitudes. Basé sur un soutien social plus large par rapport au régime de Mussolini, le despotisme éclairé de la période républicaine n’a pas senti dans sa phase initiale le besoin de fonder des organisations paramilitaires, dont le faschisme s’est servi, pour imposer de la discipline aux masses. Par ailleurs, le principe de la "paix dans le pays, paix dans le monde", qui constituait le fondement essentiel de la politique étrangère de la Turquie durant la période du Parti unique, présentait des contrastes avec les politiques faschistes expansionnistes. Le kémalisme, auquel Milza se réfère en tant que faschisme de gauche dévie des idéologies faschistes contemporaines par sa rationalité, son contenu social et ses aspects modernisateurs.
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