Activités - Les Séminaires sur la Formation de la Turquie contemporaine durant 2006-2007

14 octobre 2006 – Prof. Zafer Toprak
La Turquie et les Balkans entre Deux Guerres
L’évolution des Balkans et particulièrement les guerres balkaniques ont joué un rôle important dans la formation de la période entre deux guerres au 20ème siècle et donné naissance à la constitution d’un nouvel Etat-nation au lendemain de la défaite ottomane dans les Balkans. En d’autres termes, la décadence de l’Empire ottoman était étroitement liée aux transformations dans les Balkans. Au lendemain de l’independence turque et durant l’entre-deux-guerre, les Balkans ont occupé une place importante dans la politique étrangère de la Turquie. La Turquie a cherché sa sécurité dans les Balkans et a attaché par conséquent une importance particulière au Pacte balcanique. Les Balkans ont constituté l’élément essentiel de la politique étrangère turque. D’autre part, la politique intérieure des pays balkaniques a exercé un impact indirect sur le régime politique de la Turquie. Cependant, si l’on compare la Turquie avec les Balkans, on pourrait dire qu’elle a poursuivi une politique intérieure et extérieure beaucoup plus stable par rapport à eux.

18 novembre 2006 – Dilek Barlas, Maître assistant
La Turquie et l’Italie entre Deux Guerres
On pourrait constater un va-et-vient dans les relations turco-italiennes depuis la fondation de la Turquie républicaine jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Un an avant la proclamation de la République, Mussolini était arrivé au pouvoir en Italie et avait adopté une politique hostile face aux pays balkaniques. L’Italie avait considéré la Turquie comme un pays en pleine décadence jusqu’à l’an 1927. Cependant, Rome a perçu, à partir de 1928, que la Turquie n’allait pas s’effondrer facilement. Les transformations de la Méditerranée et des Balkans ont également contribué au changement de l’image de la Turquie en Italie. Rome n’a plus seulement identifié la Turquie comme l’Anatolie mais également considéré comme une partie des Balkans. Cependant, cette nouvelle attitude de l’Italie vis-à-vis de la Turquie n’a pas duré longtemps et l’Italie a de nouveau adopté son attitude hostile à partir de 1932. D’autre part, la Turquie a toujours considéré l’Italie comme une menace dans les années 1920 et 1930. Cependant, cette situation n’a pas empêché la Turquie de collaborer avec elle. L’effort de quitter une politique isolationniste d’une part et les besoins économiques de l’autre ont poussé la Turquie à chercher des alternatives différentes.

16 décembre 2006 – Elçin Macar, Maître de Conférence
La Turquie et la Grèce entre Deux Guerres
Durant l’entre-deux-guerre, la Grèce se trouvait dans un état de dépression économique à cause du “désastre de l’Asie mineure” et était obligée d’abriter en conséquence plus d’un million de réfugiés. Ce problème interne et le danger italien ont poussé Vénizélos à collaborer avec la Turquie et cette collaboration a abouti jusqu’à l’Entente balkanique. La division de l’arène politique parmi les partisans de Vénizélos et les royalistes a facilité l’intervention de l’armée dans la politique et l’arrivée de Métaksas au pouvoir.

20 janvier 2007 – Cemil Koçak, Maître de Conférence
La Turquie et l’Allemagne durant l’Entre-Deux-Guerres
La conférence traitera d’une période spécifique des relations turco-allemandes, qui commencent avec la période républicaine et qui continuent jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Tout en se référant à ses deux publications (Türk-Alman İlişkileri, 1923-1939 et Türkiye’de Milli Şef Dönemi, 1938-1945), et dans un cadre de relations internationales, Cemil Koçak mettra l’accent sur la politique extérieure de la Turquie, et plus spécifiquement sur les relations avec l’Allemagne, qui doivent être analysées en deux périodes. La première période, qui est la moins importante, comprend les relations entre l’Allemagne de Weimar et la République turque. La deuxième période mettra l’accent sur les relations multidimensionnelles entretenues avec l’Allemagne nazie. Les aspects économique, culturel et militaire de ces développements seont également considérés à part les relations diplomatiques.

17 février 2007 – Çagrı Erhan, Maître de Conférence
La Turquie et le Moyen Orient durant l’Entre-Deux-Guerres
Bien que l’entre-deux-guerres soit une période de tension, avec certains rares moments de réconciliation, entre les tenants du statut quo, qui visent à perpétuer la nouvelle balance de pouvoir établie par le Traité de Versailles, et les révisionnistes, qui lancent un défi à cet ordre, certains Etats sont restés en dehors de cette polarisation. La politique de la nouvelle Turquie était d’éviter les risques que pourraient causer une partialité dans cette polarisation. D’autre part, un rapprochement était sensible entre des Etats, qui se sentaient menacés sous la montée des discours révisionnistes et expansionnistes de l’Italie et de l’Allemagne dans les années 1930. Bien que ce rapprochement se présente plutôt comme une collaboration politique entre les Etats balkaniques, il faudra également considérer les efforts de collaboration entre la Turquie et le Moyen-Orient. Ainsi le Pacte de Sadabad a été conçu dans une perspective de non-agression et de sécurité régionale entre la Turquie, l’Iran, l’Iraq et l’Afghanistan. Cette présentation se penchera ainsi sur les relations entre la Turquie et le Moyen Orient déterminées par les dynamiques internes des pays régionaux dans l’entre-deux-guerres.

17 mars 2007 – Melek Firat, Maître de Conférence
La Turquie et la France durant l’Entre-Deux-Guerres
Les relations entre la France et la Turquie durant l’entre-deux-guerres doivent être analysées en deux périodes. Dans la période, qui se prolonge jusqu’en 1928, la nouvelle République turque s’occupait d’une part des problèmes économiques et politiques internes, et des questions, qui n’avaient pas été résolues par le Traité de Lausanne, de l’autre. La question de Moussoul avec l’Angleterre, l’échange de population avec la Grèce et les dettes dues à la France occupaient les premières places dans l’agenda de la politique turque. La résolution des problèmes et les effets de la dépression économique de 1929 ont accéléré les efforts pour le développement des relations politiques et économiques avec l’Occident dans l’intention d’assurer l’intégration de la Turquie avec l’Occident dans les années 1930 ou d’accéder aux mêmes standards de civilisation contemporains. La question de Hatay était l’obstacle principal dans les relations avec la France. A la suite de l’instabilité politique de la France en raison de la dépression économique de 1929 et de la volonté d’alliance de l’Angleterre avec la Turquie face aux développements en Allemagne, les pressions exercées sur la France ont augmenté et la question était résolue en faveur de la Turquie. Durant la conférence, la conviction que la Turquie a poursuivi une politique extérieure en faveur du statut quo dans l’entre-deux-guerres sera mise en question à la lumières des politiques intérieures et extérieures de la France et de la Turquie et les relations turco-françaises seront reconsidérées dans le cadre de la conjoncture internationale.

21 avril 2007 – Prof. Zafer Toprak
La Turquie et les Etats-Unis durant l’Entre-Deux-Guerres
Les relations turco-américaines sont passées par une période de transition durant l’Entre-Deux-Guerres. Soit la Maison Blanche soit l’opinion publique américaine ont attaché une importance particulière au Proche Orient, considéré comme une partie de l’Empire ottoman. Les Etats-Unis ont accordé une importance à cette géographie du point de vue éthnique et religieux et y ont acquis un statut actif par l’intermédiaire des institutions éducationnelles qu’elles ont fondées. Le désir d’indépendence complète, exprimé par la Turquie durant l’Entre-Deux-Guerres, s’est opposé aux attentes culturelles, éthniques et religieuses des Etats-Unis, qui ont considéré le Traité de Lausanne avec un certain sang-froid et ont mis une certaine distance dans leurs relations avec la Turquie. Plusieurs fondations d’éducation et de charité américaines ont senti la nécessité de fermer à cette période. D’autre part, la question arménienne a continué son existence dans la conscience collective dans une dimension inférieure à celle d’aujourd’hui. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, avec la transformation du Proche Orient au Moyen Orient, cette géographie a acquis une importance stratégique et économique. En s’alignant auprès de l’Occident durant la guerre froide, la Turquie a fondé ses relations avec les Etats-Unis sur une base plus réaliste.

26 mai 2007 – Prof. Mete Tunçay
La Turquie et la Russie durant l’Entre-Deux-Guerres
Durant l’Entre-Deux-Guerres, la Russie soviétique s’efforçait de fonder le “socialisme dans un seul pays” au lieu de réaliser une “révolution mondiale”. La Turquie, qui a profité de l’aide soviétique durant la guerre d’indépendence, a amélioré ses relations avec l’Occident tout en collaborant avec la Russie dans sa politique extérieure. Cependant, le fait qu’elle a signé des traités avec l’Angleterre et la France comme une mesure de défense contre la guerre qui s’approche durant la période d’Inönü, a détérioré les relations entre la Turquie et la Russie.