Activités - Séminaires d’Histoire de la Turquie Contemporaine
2008-2009

Comprendre la Turquie de la République

Cette année, les séminaires d’Histoire de la Turquie contemporaine sont tournés vers les principaux problèmes rencontrés par la République de Turquie. Grâce à un large développement, les séminaires qui comprendront des dimensions politiques, économiques, sociales et culturelles, porteront un regard critique à partir des œuvres publiées et de leurs auteurs et apporteront une ouverture différente sur les problèmes, grâce à la participation du public.

18 octobre 2008 – Prof. Ahmet Makal  
Les relations de travail durant la période du multipartisme en Turquie 1946-1963
Dans le dernier livre de la “trilogie” d’Ahmet Makal, qui a reçu le prix des Sciences Sociales Sedat Simavi 2003 et qui a pour sujet l’évolution en Turquie des relations de travail sur une longue période, l’auteur étudie la période qui commence en 1946 avec le passage à une vie politique multipartiste, se poursuit avec le pouvoir du Parti Démocrate et prend fin avec la Constitution et la législation du travail qu’a apporté le Coup d’Etat militaire du 27 mai. Dans cette œuvre qui s’attache à l’histoire de la période selon une perspective du “travail”, les relations de travail sont prises dans une histoire globale ; en étudiant les bases politiques, économiques et sociales ; l’auteur tente d’analyser les dynamiques des évolutions internes et externes. Dans ce contexte, le livre apporte également de nouvelles connexions et ouvertures à l’écriture de l’histoire politique, économique et sociale en Turquie. Parmi les sujets importants de l’ouvrage, on trouve les dimensions sociales des transformations économiques vécues dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie, le droit du travail et les relations entre les salaires et l’évolution de la vie syndicale, le développement dans le domaine de la sécurité sociale.

15 novembre 2008 – Prof. Ayşe Buğra
Le capitalisme, la pauvreté et la politique sociale en Turquie
La conception de la bienfaisance pendant la période du parti unique ; la différence faite entre les pauvres qui “méritent l’aide” et ceux qui “ne le méritent pas”...la théorisation de la politique sociale après la 2de guerre mondiale…l’après 1980 : la solution du régime de la prospérité sociale ; le Fonds pour les Pauvres (Fakir Fukara Fonu), la Carte Verte…le libéralisme conservateur de la période de l’AKP et le “retour” de la bienfaisance…Dans ce livre, Ayşe Buğra se tourne vers une analyse critique de l’histoire de la politique sociale de la Turquie et des débats. A propos de l’approche de la pauvreté, elle fait cette analyse en relation avec le combat des deux approches qui accompagnent l’évolution du capitalisme depuis le 16e siècle. La 1ère approche qui place le travail au centre du système des valeurs, a des doutes sur l’utilisation des fonds publics à but social et insiste sur la pauvreté et la bienfaisance en accusant le pauvre lorsque la possibilité d’explication fait défaut. Quant à la 2ème approche basée sur le droit, elle place la société avant le marché du travail et traite la pauvreté comme un problème politique. Le conflit entre ces deux approches est en fait un conflit entre ceux qui cherchent à protéger le capitalisme à l’état brut et ceux qui cherchent à  le transformer en “autre chose”…L’apport le plus important de cet ouvrage, selon l’axe de la lutte, est de soumettre un nouveau regard sur l’évolution des relations Etat-société à travers l’histoire de la République en Turquie. 

20 décembre 2008 – Prof. Nurhan Yentürk
La marche des aveugles : l’économie en Turquie et les crises après 1990
Le professeur Nurhan Yentürk traite, dans les articles de son ouvrage, des bases théoriques des politiques économiques appliquées avec la crise pendant les années 1990 dans l’économie en Turquie, les modes de gestion et les changements apparus dans la structure économique, et les influences sur les crises vécues par ceux-ci.
L’auteur analyse l’histoire de l’économie en Turquie en tant que processus passant d’une crise à une autre et dans ce sens nomme l’histoire économique comme une sorte d’“ histoire des crises économiques”.  Dans ces articles, elle étudie les bases économiques des politiques du FMI et ses résultats, les caractéristiques des évolutions économiques vues dans les pays en voie de développement dans les années 1990, les résultats des politiques économiques appliquées et la structure économique en Turquie. En raison de l’apparition des crises. Elle propose des solutions alternatives contre ces crises, en dehors des politiques auquel on peut avoir recours, en minimisant les influences négatives sur les investissements de la globalisation financière. Dans deux articles dans la suite de l’ouvrage, Yentürk évalue la situation de l’industrie de production et également le pouvoir de la concurrence.

17 janvier 2009 - Mesut Yeğen 
Du futur Turc au pseudo-citoyen: la république et les Kurdes
L’ouvrage ‘Du futur Turc au pseudo-citoyen: la république et les Kurdes’ étudie comment et avec quels concepts les principaux acteurs de la politique en Turquie perçoivent la question kurde. Quel est le regard des différentes versions du nationalisme turc, de la gauche turque, de la bureaucratie, des partis politiques et des citoyens de base sur la question kurde? Tous les articles de ce livre tentent de répondre à cette question commune. L’affirmation centrale de l’ouvrage est la suivante: dans l’ensemble des perceptions de la question kurde, on a établi qu’un profond changement est probable. Ainsi, les principaux acteurs de la politique turque avaient tout au long de la période républicaine considéré leurs concitoyens kurdes comme des futurs Turcs et pensé que la question kurde pourrait se régler par l’assimilation. Or des signes montrent que depuis quelques années cette perception et cette conviction ne cessent de s’affaiblir. Tout en affirmant que la croyance selon laquelle les Kurdes étaient de futurs Turcs n’est plus aussi prégnante qu’autrefois, ce travail soutient qu’il est probable que ce changement de perception conduise à une transformation des pratiques de citoyenneté exercées par les citoyens kurdes.

21 février 2009 - Yaprak Zihnioglu
La révolution sans femmes: Nezihe Muhiddin, le Parti populaire des femmes, l’Union des femmes
L’ouvrage ‘La révolution sans femmes’ vise à une approche critique de la modernisation de la Turquie, principalement dans les années de formation de la république, du point de vue de l’histoire des femmes. Il veut mettre en lumière l’histoire politique des femmes influentes dans les années 1923-1927 et de leurs organisations. Il analyse les pensées de Nezihe Muhiddin, l’une des personnalités majeures de l’époque, et les actions des militantes de l’Union des femmes dans cette période inaugurée par la fondation du parti populaire des femmes et marquée par les initiatives de l’Union des femmes (devenue par la suite Union des femmes turques). Cette étude tente d’étudier les représentations de l’espace public et de l’espace privé du point de vue des femmes et les aspects de la hiérarchie de sexes dans cette période où a été mis en place un nouveau système politique.

21 mars 2009 - Asim Karaömerlioglu
Au loin, là-bas, il y a un village: le discours agrarien au début de la période républicaine
Le romantisme du village et du villageois était l’un des thèmes importants de la période de construction de la république turque. Asim Karaömerliglu étudie l’envers de ce romantisme. Il montre que l’élite républicaine cherchait des voies détournées pour retenir le paysan au village du fait de son inquiétude face à l’industrialisation et à l’urbanisation mais qu’en même temps elle refusait de laisser se développer une initiative indépendante des paysans. La question critique qui oriente l’auteur est la suivante: dans le long XXe siècle, pourquoi l’agrarisme a-t-il persisté aussi longtemps en Turquie? C’est avec ce point de vue critique que ce livre étudie les idées, politiques et projets émis en rapport avec le village à l’époque du parti unique: les idées des écrivains et idéologues agrariens, la manière dont s’articulent l’idéologie populiste et l’agrarisme, les activités agrariennes des Maisons du peuple, les célèbres “Instituts agraires, les projets et les débats sur la réforme du sol… Cette étude est enrichie par un inventaire des images du village et du paysan dans les œuvres de Yakup Kadri Karaosmanoglu, Sabahattin Ali et Mahmut Sevket Esendal, importants écrivains de l’époque…

Pour aborder la question du village et des paysans dans la Turquie républicaine à une époque historique où le monde entier a été touché par les conséquences de la dissolution des structures agricoles, Karaömerlioglu utilise aussi une approche comparative, en se penchant sur les courants agrariens de la Bulgarie et de l’Allemagne, deux pays à des stades différents de modernisation et d’industrialisation.

18 avril 2009 - Hüseyin Sadoğlu, chargé de cours
Le nationalisme et les politiques linguistiques en Turquie

Dans son livre, Hüseyin Sadoğlu étudie la relation du nationalisme turc avec la langue turque et d’autres langues ethniques à différentes époques, en s’appuyant sur les théories du nationalisme et en les comparant avec l’expérience de l’Europe occidentale.  Il traite des politiques linguistiques des stratégies homogénéisantes qu’ont été l’ottomanisme, l’islamisme et le turquisme de 1839 à 1950, du rôle de la langue tuque dans la formation culturelle du turquisme, des efforts de la république turque pour diffuser la langue turque chez tous les citoyens et de la résistance du conservatisme culturel contre les politiques du “turc pur” de l’époque du parti unique. En conclusion, il présente une évalution du grand changement linguistique vécu par la Turquie du siècle dernier sous l’effet des forces nationalistes et modernisatrices.

23 mai 2009 - Mesut Yeğen, maître de conférences
Du futur Turc au pseudo-citoyen: la république et les Kurdes

L’ouvrage ‘Du futur Turc au pseudo-citoyen: la république et les Kurdes’ étudie comment et avec quels concepts les principaux acteurs de la politique en Turquie perçoivent la question kurde. Quel est le regard des différentes versions du nationalisme turc, de la gauche turque, de la bureaucratie, des partis politiques et des citoyens de base sur la question kurde? Tous les articles de ce livre tentent de répondre à cette question commune. L’affirmation centrale de l’ouvrage est la suivante: dans l’ensemble des perceptions de la question kurde, on a établi qu’un profond changement est probable. Ainsi, les principaux acteurs de la politique turque avaient tout au long de la période républicaine considéré leurs concitoyens kurdes comme des futurs Turcs et pensé que la question kurde pourrait se régler par l’assimilation. Or des signes montrent que depuis quelques années cette perception et cette conviction ne cessent de s’affaiblir. Tout en affirmant que la croyance selon laquelle les Kurdes étaient de futurs Turcs n’est plus aussi prégnante qu’autrefois, ce travail soutient qu’il est probable que ce changement de perception conduise à une transformation des pratiques de citoyenneté exercées par les citoyens kurdes.