Le Siège Central
de la Banque Ottomane à Karaköy

Inauguré le 27 mars 1892 pour la première fois et abritant récemment dans son rez-de-chaussée les agences de la Garanti Bankasý, le siège historique possède, conformément aux normes des bâtiments de banque et de bourse européens et américains de l'époque, une structure architecturale permettant de suivre des corridors supérieurs les opérations bancaires se déroulant à l'étage inférieur. Le Centre d'Archives et de Recherche de la Banque ottomane, qui forme une unité avec ses archives, sa bibliothèque, ses salles d'exposition et de conférence, évoque à ses visiteurs le présent avec les traces du passé. Le bâtiment, dont les plans ont été dressés par l'Architecte Alexandre Vallauri à la fin du XIXe siècle, éveille l'attention principalement par les façades avant et arrière caractérisées par les différences de style architectural.

Le siège central fut l'expression symbolique de la politique de la Banque impériale ottomane, fondée en 1863, restructurée et impliquée dans le marché financier dans les années 1880. Le bâtiment, situé à la Rue des Banques à Galata, fonctionna, jusqu'au début de l'année 1999, en tant que siège central de la Banque ottomane.

Corne d'Or, Une vue de la Banque impériale ottomane dans les cartes postales de l'époque

L' Approbation du Nouveau Bâtiment

Le terrain de l'édifice, conçu en tant que bâtiments jumeaux fonctionnant avec le Régie du Tabac, fut acheté, en 1889, par ce dernier. Deux mois plus tard, la Banque impériale ottomane, obtenant sa part dans le terrain, décida la construction d'un nouvel édifice, destiné à son propre usage, et qui lui servirait de siège central. Le Directeur Général de la Banque, Sir Edgar Vincent, en rédigeant, le 7 février 1890, une lettre à Thédore Berger, membre du Comité de Paris, lui proposa l'achat de la moitié du terrain pour la construction d'une nouvelle agence. Le 13 février 1890, fut reçue l'approbation des Comités de Paris et de Londres.

Les Traces de l'Est et de l'Ouest au sein de la "Banque impériale ottomane"

Le bâtiment, construit par l'Architecte Alexandre Vallauri, était composé, au sous-sol, de cave, d'entrepôt et d'écuries; à l'étage inférieur au sous-sol, des coffres-forts Mecidiye, prenant son nom des monnaies de 20 pièces de l'époque et de salle à manger; au rez-de-chaussée, de l'espace de l'agence; au premier étage, à part la chambre particulière et le poste du Directeur Général, des bureaux de son secrétaire et des traducteurs; au deuxième étage, du département de la comptabilité avec les chambres du Chef et de son service, du Ministre et des inspecteurs; au grenier, des départements de victuailles et d'archives et des chambres d'employés.

Le côté le plus intéressant de l'édifice est la différence de style architectural remarquable dans les façades avant et arrière. Les traits néo-classique et néo-renaissance de la façade frontale, ayant une vue sur la Rue des Banques c'est-à-dire sur Galata, reflètent la grandeur et la dignité des centres bancaires européens de l'époque. La façade arrière, ayant une vue sur Persembe Pazari c'est-à-dire sur l'ancien Istanbul au-delà de la Corne d'or, porte des traits quasi orientalistes. Cette différence entre les deux façades semble symboliser en effet le statut de la Banque entre l'ouest et l'est. Un fait semblable se fait remarquer dans les inscriptions situées face à face à l'entrée de l'édifice. L'inscription en latin accentue l'importance de l'amitié tandis que l'autre en arabe exalte la fortune.

mais le pouvoir de la Fortune ne saurait s'étendre à tout ce qu'on donne à ses amis les richesses que tu auras distribuées seront seules à toi pour toujours.
Martial, Epigrammes, V, 42. Celui qui gagne de l'argent est le serviteur aimé de Dieu
"mais le pouvoir de la Fortune ne saurait s'étendre
à tout ce qu'on donne à ses amis; les richesses que
tu auras distribuées seront seules à toi pour toujours."
Martial, Epigrammes, V, 42.
Celui qui gagne de l’argent
est le serviteur aimé de Dieu.

La "Banque impériale ottomane" survit

L'édifice, chargé d'un passé de plus de cent ans, abrite, depuis l'an 2000, le Centre d'Archives et de Recherche de la Banque ottomane. Cette entreprise, qui semble être un pas vers la nouvelle identité, que l'on voudrait créer dans les quartiers de Beyoglu et de Galata et vers la formation d'un centre, où l'histoire et la culture coexistent.
Le bâtiment abrite également le Musée de la Banque ottomane.

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Les sources publiées:

Edhem Eldem; A 135-Year-Old Treasure. Glimpses from the past in the Ottoman Bank Archives, Istanbul, 1998.
Nese Yildiran; "Dis Borçlanmada 33 Yillik Birliktelik ve Dogu-Bati Ekseninde Bir Ikiz Bina: Tütün Rejisi ve Bank-i Osmani-i Sahane" derl. Zeynep Rona, Osman Hamdi Bey ve Dönemi, Istanbul, Tarih Vakfi Yurt Yayinlari, 1993